Texte e photo de Yves

Destination de notre voyage du 13 au 19 Avril 2002

deuxième partie

Mercredi 17 Avril (280 kms)

Matinée animée par le gazouillis des oiseaux, qui au réveil s'en donnent à cœur joie. Chant monotone et erraillé du Verdier d'Europe (Carduelis chloris) au sommet d'un arbre. Marche lente du Crabier chevelu (Ardeola ralloides) à la recherche de grenouilles.
Après quelques détours, dont le Musée des marais d'Argenta, nous prévoyons de rejoindre la mer méditerranée : autoroute, où nous déboulons vers Bologne, nous frôlons Florence pour enfin nous poser à Pise, sur le fleuve Arno que les cruciverbistes ne peuvent pas ignorer.
Allez savoir pourquoi, cette tour inclinée, fait partie de ces monuments que nous désirons voir absolument !
Dès que nous apercevons le haut des 59 mètres de la Tour penchée, première rue à droite où un stationnement nous attend. Durant les quelques centaines de mètres qui nous séparent du monument, nous l'apercevons entre les maisons et les immeubles : elle penche !

Mais, et c'est une surprise, sur la piazza del Duomo,le Campanile n'est pas seul : c'est un ensemble de trois édifices blancs, sur le tapis vert d'une pelouse, qui réfléchissent les rayons d'un soleil enfin de saison.
La vaste cathédrale du XI ème, le Baptistère et enfin les 8 rangs de colonnes superposées de la Tour.

La première pierre de la tour fut posée en 1173 et dès 1274 par suite d'un affaissement du terrain sablonneux, la construction penchait déjà ses trois niveaux. En 1301, 7 niveaux et un dernier fin du XIV ème siècle. 28 millions d'Euros furent nécessaires pour redresser de 43 centimètres la " torre pendante ", et 2080 ne verra donc pas l'écroulement de l'édifice comme le prévoyaient les calculs. L'escalier en colimaçon qui mène au sommet a 294 marches, de quoi admirer la vieille ville de haut. Fermée au public depuis 1990, la tour est de nouveau accessible depuis l'année dernière (on estime qu'elle est sécurisée pour près de 300 ans).

Les oiseaux, qui ne connaissent rien aux lois sur la gravité, survolent les touristes affalés sur l'herbe tendre. La ville de Galilée, nous enchante par son animation : et pourtant, elle penche !

Les boutiques qui longent la place proposent aux touristes pratiquement toutes les mêmes souvenirs estampillés Pisa. Ca se bouscule gentiment, c'est coloré, ça parle dans toutes les langues.
Bon, c'est que l'on est pas d'ici, nous ! Il faut reprendre la route pour une réserve naturelle située au bord de la mer Méditerranée : l'Oasi de Massaciuccholi.
A l'entrée de la réserve, la maison tenue par la LIPU (Lega Italiana Protezione Ucelli, la Ligue Italienne pour la protection des oiseaux). A notre arrivée, le responsable est absent : nous visitons l'exposition qui présente la nature de ces lieux. Puis nous partons pour la réserve, promenade au dessus de l'eau et parmi les roseaux grâce à des planches sur pilotis qui mènent vers les observatoires. Nous prenons notre " quatre-heures " au calme, à quelques mètres des Fuligules milouins (Aythya ferina).
Comme chaque soir, nous partons en quête de notre " reposoir " : direction la " Mar Ligure ", pas très loin de là, vers la Marina Torre del Lago … en pleine construction. Après quelques dizaines de mètres sur le chemin sablonneux nous garons notre Camping-car sur un terre-plein pour admirer le coucher de soleil sur la méditerranée. Les dunes sont parsemées de détritus et de petites fleurs roses.
Soirée, troublée par d'étranges rendez-vous nocturnes de quelques voitures … bizarre !

Jeudi 18 Avril (320 kms)

Lever plus tôt que prévu : coup de Klaxon, Toc ! Toc ! ce sont les carabinieri qui nous expliquent que nous sommes sur le terrain d'entraînement des militaires. Ils nous montrent la panneau situé à quelques mètres de nous, et cela suffit comme commentaires. On nous laisse 10 minutes de répit avant la guerre !
Nous nous rendons au Bar voisin, en croisant une armée en tenue, pour un petit déjeuner succint, ignorés par un tenancier de mauvaise humeur ! Pour certains le matin est un chemin de croix ! Les carabinieri viennent prendre un café, et au cours d'une discussion gestuelle, nous comprenons que nous avons au moins un " Rimor " en commun.
Deux mésanges charbonnières (Parus major) nourrissent des jeunes affamés. Au sommet d'un buisson, un Serin cini (Serinus serinus) égrenne ses trilles sonores. Une bande de Pigeons ramiers (Columba palumbus) passe en rasant les dunes.

Nous décidons de prendre un peu d'altitude, en parcourant les petites routes de Alpi Alpuane, petit massif montagneux au nord de Pise. Beaux paysages, mais routes en travaux, énormes camions chargés d'éboulis, à chaque virage on se demande qui on va croiser. Plein d'eau à la fontaine de Vagli et pause en surplomb de Lago di Vagli, retenue d'eau artificielle. Passages de camions, transportant de gros blocs de marbre de Carare ( ?).
Deux Buses variables (Buteo buteo) paradent en plein ciel, décrivant de larges arabesques. Une Coronelle lisse (Coronella austriaca), couleuvre inoffensive, se faufile à la poursuite des lézards des murailles. Sous un saule, un longicorne, Lamia textor, se hâte doucement.

Près de Roggio, dans un verger, un Pic mar (Dendrocopos medius) passe d'une cîme d'arbre à l'autre.
C'est sur ces dernières images que nous décidons d'entamer le trajet de retour.

Nous rejoignons l'autoroute A12, qui longe la mer, jusqu'après Gênes pour bifurquer vers le Nord sur l'A26 en direction d'Alessandria. C'est une succession impressionnante de tunnels, des files ininterrompues de poids-lourds tous plus pressés les uns que les autres : les ralentissements sont nombreux et être coincés entre deux camions-citernes dans un tunnel, est un peu angoissant.
Nous quittons l'autoroute à Belforte-Monferrato, dans le Piemont, pour le Parc Régional delle Capanne di Marcarolo.


Le hasard nous amène vers un cul-de-sac, la petite route goudronnée se termine en chemin carrossable, où nous décidons de passer la nuit, charmés par le paysage et le silence.

Il est tard, le soleil se couche pour laisser place à la nuit étoilée et au sourire de la lune montante.

Vendredi 19 Avril (290 kms)

Après une nuit sans soucis, un petit-déjeuner sous les arbres, nous partons pour une petite marche, sous le soleil.
Le long du chemin nous redécouvrons la flore méditerranéenne avec l'Asphodèle blanc (Asphodelus albus) qui ne s'est pas encore épanouie. Les galles des Cynips du chêne (Cynips quercusfolli), petits hyménoptères au cycle de reproduction compliqué, ornent les feuilles des arbres. Le lézard vert (Lacerta viridis) se chauffe sur un tas de bois mort. Superbe matinée de calme, sans renconter âme qui vive.



Et voilou !
Derniers instants italiens avant le retour, accompagnés du ricanement du Pic vert (Picus viridis).
Nous voulions terminer notre séjour en passant par le Col du Mont-Cenis : fermé pour cause d'enneigement !

Sur la route du retour en France, c'est au pied d'une petite chapelle, à l'entrée du village de Montaimont, au-dessus de La Chambre que nous passerons notre dernière nuit de ce périple Italien.

Samedi 20 avril (290 kms)
Montaimont en Savoie
Nous avons donc parcouru 1580 kms, pour découvrir une petite partie de l'Italie, où le Traité de Rome en 1957 instituait la Comunauté Economique Européenne. Sept jours, c'est court, avec le sentiment parfois que l'on aura pas le temps de tout voir.

Quelques regrets :

- nous aurions été heureux de répondre à l'invitation de Maura … à la prochaine donc !
- nous n'avons rencontré aucun ornithologue ou naturaliste amateur comme nous : ce qui est d'ailleurs le cas lors de la plupart de nos escapades. Un seul pays dénote de la part de ses habitants un attachement à la nature : la Grande-Bretagne.
- le temps pluvieux, lors de notre séjour dans le Delta du Pô, ne nous a pas permis d'en découvrir toute la richesse ornithologique. Les migrations hivernales doivent y être intéressantes !

Au revoir !

Loïc Rachel Yves
première partie

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