Visite d'une partie de l'Ombrie et de la Toscane en camping-car - sept/oct 2004

 

De Josette & Claude Renevier

1^ partie


Nous sommes enchantés de ce beau voyage très agréable à travers des paysages d'une grande beauté avec une architecture passant du Moyen-Âge à la Renaissance et au Baroque, incluant des pierres antiques et aussi des découvertes dans chaque bourgade de très belles fresques et peintures tant en Ombrie qu'en Toscane, un vrai régal pour les yeux !

L'Ombrie et la Toscane nous a paru un itinéraire très facile d'accès en camping-car s'entend (nombreux parkings), sans problème de conduite, avec une ambiance agréable dans les petits villages ou petites villes traversées, sans nervosité, les gens prennent le temps de vivre très agréablement, le niveau de vie étant tout à fait comparable à notre pays, le coût de la vie par contre semble plus cher pour les vêtements ou les accessoires de décoration, sauf sur les marchés. Par contre le contact avec les Italiens a été excellent et très agréable, ils aiment la vie, ils sont joyeux et aiment parler, alors là tout va bien avec nous !

Cette approche en CC d'une partie de l'Ombrie et de la Toscane nous a procuré beaucoup de plaisir, nous connaissions déjà quelques villes et savions que les sites étant naturellement beaux, mais nous avons pu constaté après bien des années, qu'il fait encore bon vivre dans ces provinces italiennes d'une grande richesse culturelle, c'est incontestablement des lieux où il fait bon retourner.

 

1 - Les Salles de Verdon – Portovenere - Pise – Monte Argentario – Bolsena

Nous partons mi-septembre (2004) depuis la Haute-Savoie, comme habituellement pour rejoindre la Méditerranée par Grenoble, Sisteron, Manosque, nous nous arrêtons au bord du lac du Verdon quelques jours pour profiter de la douceur du temps près du village reconstruit « Les Salles de Verdon ».
Nous ferons la route un dimanche depuis Les Salles en passant par Vintimille jusqu'à La Spezia, ce qui permet d'éviter les nombreux camions sur l'autoroute Notre premier arrêt se fera sur les hauteurs de Portovenere - petit port toujours très en vogue en Italie – que nous revisiterons à pieds, après avoir goûté à l'eau de mer encore chaude en cette fin septembre 2004.
Le lendemain matin nous partons en direction de Pise berceau de la Renaissance et de l'Art romano-pisan, avec un passage obligé en direction du Campo dei Miracoli éblouissant ensemble avec son Baptistère et le Duomo avec sa façade à galeries à colonne superposées et sa tour qui ne devrait ne plus continuer à pencher et à s'enfoncer dans le sol depuis les énormes travaux investis à la consolidation de l'édifice.
Après une journée à nous nous dirigeons pour dormir près de l'ancienne cité étrusque Populonia le long de la belle plage du Golfo de Baratti, le vent du Nord souffle, c'est dommage car la plage est splendide.

Puis nous traversons le parc naturel "Regionale di Maremma" à l'environnement naturel, d'une beauté sauvage et au paysage semblable un peu à notre Camargue (où les «butteri» sillonnent la Maremme afin de surveiller des troupeaux de vaches aux longues cornes). Nous poursuivons notre route sur la presqu'île  " Monte Argentario " jusqu'au port de Santo Stefano, puis nous traversons Orbetello aux belles demeures anciennes, entourée de remparts au milieu de marais où émergent quelques vieux moulins.

Nous ferons un arrêt à Pescia Fiorentina près de Capalbio pour voir les œuvres de Niki de Saint Phalle « Il giardino dei Tarocchi », puis après avoir quitté les rivages de la mer un peu à regret car la température est idéale et l'eau encore chaude, nous nous dirigeons en longeant le Lac (de Bolsena) situé dans le cratère d'un ancien volcan, jusqu'à Bolsena où nous dormirons, là nous découvrons une belle église romane du 9e siècle avec à l'intérieur des fresques de l'école de Sienne et bien entendu des vestiges antiques.
Puis, nous traversons un paysage de collines avec de nombreux sites étrusques et nous jetons un coup d'oeil à la petite ville de Pitigliano située sur un promontoire en tuf dominant de profondes gorges, entourée d'une belle campagne vinicole et d'oliviers, c'est un bourg médiéval aux ruelles tortueuses avec un palais et un Duomo (cathédrale), ce que nous allons retrouvé pratiquement dans chaque autre bourgade que nous traverserons

2 - Orvieto – Todi – Spoleto – Trevi – Montefalco

Nous découvrons tôt le matin le site spectaculaire du rocher volcanique circulaire où se situe la ville d' Orvieto . Nous nous garons sur une aire de service avec douches et gardien avant de prendre un funiculaire qui nous amène dans la vieille ville, de là nous gagnons le Duomo qui est un des exemples les plus significatifs de l'architecture gothique italienne (1264 – 1290), c'est incontestablement sa façade qui frappe par sa beauté avec de très belles mosaïques une grande rosace et des bas-reliefs relatant des scènes bibliques, malheureusement une partie de l'édifice était en rénovation.
Naturellement il y a d'autres églises intéressantes auxquelles nous jetons un œil rapidement ainsi et de belles œnothèques pour déguster le vin blanc sec du pays ou  « l'Orvieto abboccato » vin blanc doux pour desserts
Nous continuons en direction de Todi en longeant une retenue d'eau le Lago di Corbara avec un paysage un peu montagneux. Là également nous stationnons sur une aire spécialement aménagée pour les CC au bas de la ville que nous atteindrons en prenant un ascenseur nous admirons la Piazza del Popolo ancien forum romain avec trois magnifiques palais du 13 e avec au loin la campagne harmonieuse bien verte.
Nous atteignons la ville de Spoleto accrochée à une colline baignée par la rivière Tessin.et nous grimpons pratiquement au sommet de la ville à travers des ruelles moyenâgeuses, peu de touristes ici. Nous regardons le Duomo avec sa belle mosaïque de style byzantin.et aussi les vestiges antiques. La vie s'anime à partir de 17 h de toutes parts arrivent les gens qui se rassemblent, discutent, s'interpellent et parcourent la rue centrale de long en large,
Après avoir vu Trevi, sa piazza Mazzini avec le Palazzo comunale dominé par une tour (pratiquement comme dans tous les villages d'Ombrie), nous trouverons notre bonheur pour dormir sur le haut d'une colline à Montefalco (Mont des faucons) où le parking pour CC est tout proche du centre environné d'oliviers. Nous visiterons ce gros bourg à la nuit tombée. Passé les remparts, nous sommes attirés par l'église-musée San Francesco aux fresques aux tons pastels que nous apercevrons depuis le parvis, l'église étant en complète réfection en cette fin septembre.

3 - Bevagna – Spello

Le lendemain tôt, dans la plaine agricole nous découvrons la bourgade de Bevagna entourée de murailles c'est un plaisir d'arriver sur la jolie Piazza Filippo Silvestri, (François d'Assise y fut accueilli par une nuée d'oiseaux devant lesquels il prêcha), de nombreuses maisons ont été restaurées après le tremblement de terre (1997) avec sur leurs façades de la ferronnerie d'art, dont un balcon tout à fait spécial en fer plat qui a retenu notre attention.
Nous nous arrêtons à Spello, gros bourg à mi-colline dominant une belle plaine verdoyante et nous visitons une exposition du peintre Pietro Vannuccio dit Il Purigino ( 1450- 1523, fondateur de ‘Ecole d'Ombrie, un des plus illustre élève de Raphael et de Verrocchi, il a travaillé avec Piero della Francesca) son style est épuré, simple avec des compositions donnant l'impression de symétrie, c'est beau tout simplement.


Pietro di Cristoforo Vannucci (Le Pérugin)

Il Perugino - Naissance : Città della Pieve, 1450 - Décès : Fontignano, 1523
Le Quattrocento ou la "Première Renaissance"

Formé dans l'atelier de Verrocchio en compagnie de Léonard de Vinci, le Pérugin sera également très influencé par Piero della Francesca.

Ayant sous ses ordres Bernardino di Betto (Il Pinturicchio)

Elève de Verrocchio

Au service de Laurent lIer de Médicis (le Magnifique) et Sixte IV

Professeur de Raffaello Santi (Raphaël)

En relation avec Cosimo Rosselli, Filippino Lippi, Domenico di Tommaso Bigordi (Domenico Ghirlandaio), Alessandro di Mariano dei Filipepi (Botticelli), Luca Signorelli, Léonardo di Ser Piero da Vinci (Léonard de Vinci), Michelangelo Buonarroti (Michel-Ange) et Piero della Francesca

Nous sortons de l'exposition encore tout éblouis! Nous continuons à visiter Spello à travers la rue centrale qui monte et serpente avec quelques restaurants où déjà les Pérugins sont installés pour le repas dominical, Pérouge n'étant qu'à une trentaine de kilomètres. Partout des réfections de maisons (suite au tremblement de terre ? ou résidences secondaires ?) deux minuscules chapelles, un tout petit théâtre – chaque ville ou gros bourg d'Ombrie ou de Toscane a son propre théâtre datant la plupart du temps du 18 e, qui fonctionne très régulièrement - Nous nous reposons tout en haut du village au Parco della Rocca (Rocca=château fort tout en haut des villes ou villages).

4 - Assise – Pérouse

Nous serons à Assise en début d'après-midi, nous appréhendions la foule, mais à cette heure là tout est calme lorsque nous rentrons dans la ville par la Porta Nuova, avec vue sur la belle façade de l'église Santa Chiara (Ste Claire quitta jeune sa riche famille pour adhérer à l'idéal de pauvreté de St-François d'Assise) où les pierres blanches alternent avec les pierres roses avec aussi un arc boutant à angle droit qui prolonge la façade, intérieur avec fresques de Giotto et d'autres peintes ombriens.

Nous marchons jusqu'à la Piazza del Comune où là les touristes sont bien visibles, nous découvrons le temple romain transformé en église, bel exemple de préservation et d'intégration avec la Tour du Peuple du 13 e et le Palazzo del Capitano et le Palais des Prieurs devenu l'hôtel de ville, l'ensemble des bâtiments, bien que disparates donne une atmosphère de légèreté. Nous montons au sommet de la ville par la belle via S. Maria d. Rose et nous entrons dans l'église S. Maria d. Rose transformée en partie pour une très belle exposition de sculptures épurées d'un artiste italien vivant à Barcelone :Guido Dettoni, puis nous visitons la Basilique S. Francesco.
Nous visitons en compagnie de nombreux pèlerins la Basilique gothique supérieure S. Francesco (1230-1253) à l'extérieur roman très sobre, mais avec des fresques grandioses à l'intérieur de Cimabue qui racontent la vie de Saint François d'Assise (St-François d'Assise, fondateur de l'ordre des Frères mineurs (v. 1182-1226). Selon l'historien Georges Duby, «cet homme fut bien, avec le Christ, le grand héros de l'histoire chrétienne, et l'on peut dire, sans excès que ce qui reste aujourd'hui de christianisme vivant vient directement de lui.»), il est à l'origine de ce qu'il faut bien appeler une révolution, il aimait la vie, les hommes, la nature ! Quelle idée moderne.

Pour mieux comprendre l'importance des peintres  Cimabue et Giotto dans l'art européen :

l'art antique et byzantin

En Europe l'art de la peinture avait été détruit par d'impitoyables barbares. Aucun homme de l'Occident ne pouvait plus voir une scène authentique de la vie quotidienne peinte sur un mur parce qu'aucun artiste ne savait comment les dessiner et comment maîtriser l'art de la fresque.Au contact de la chaux, les couleurs subissaient des altérations difficiles à connaître à l'avance. Cimabue en avait subi les effets en réalisant le transept de l'église Saint François à Assisi. Le blanc d'argent utilisé pour peindre les vêtements des saints avait viré au brun foncé au contact de la chaux. après les désastres des invasions, il ne reste plus rien que de lointains souvenirs. Les traditions sont oubliées.

Le monde byzantin perpétue la tradition mais misérablement: c'est le fameux style"grec" de la peinture byzantine écrit Lorenzo Ghiberti dans ses commentarii.

Pour combler ce vide, apparaissent des images fabriquées en grande série par des moines grecs venus chercher refuge en Italie contre les persécutions des iconoclastes; elles s'inspiraient du type importé de Byzance - dépourvu d'une saveur du terroir la réalité de la vie était gommée : Les Madones assises, richement vêtues peintes à-plat, frontales, aux yeux énormes, tenant sur leurs genoux le Christ glorieux, frontal également, aux yeux grands ouverts et bénissant y étaient représentées. La vierge à l'enfant ci-dessous exposée à gauche en est l'illustration. Les artistes, en effet, concentraient toute leur attention sur le personnage négligeant l'entourage, le milieu. Dans cette voie, les idées religieuses de l'époque les soutenaient : la vie n'est qu'un passage, pendant lequel il faut mériter le salut éternel qui seul importait. Cet art qui ne disposait que de deux éléments : la ligne et la couleur, était plus ornemental que réaliste, ignorant les plans étages en profondeur, et plus préoccupé d'harmonie et de balancement de lignes, que d'exactitude et de vérité.

Vers I300 de profonds changements se produisit. Le peintre, désormais maître de la forme humaine, pu commencer à regarder autour de son modèle. Précisément à ce moment, on assista à une transformation de l'univers plus ou moins « un » du Moyen Age, sous l'influence, d'une part, des grands courants franciscains chargés d'admiration et d'amour pour la nature, d'autre part sous l'action de l'humanisme primitif. Le monde extérieur était apprécié pour lui-même, et l'homme sentit qu'il ne pouvait se détacher de ce milieu dont il faisait partie intégrante.

 Alors vint Giotto,un astre brillant, annonciateur de la lumière florentine

Giotto, dès lors va s'efforcer de faire rentrer la nature dans des oeuvres dont elle était exclue depuis des siècles. Il remplaça les fonds d'or qu'ornaient les tableaux de ses prédécesseurs par des collines, des prairies et des chaumières italiennes familières au 14e siècle. Dans ses représentations humaines il peignit en 3 Dimensions les Christs,les Vierges, les saints et les pécheurs, comme des gens ordinaires investis comme tout un chacun par des émotions naturelles. Sa Madonna di Ognissanti ci-dessus exposée à droite est assise de trois quarts, Jésus est représenté comme un nourrisson, couché sur le côté contre le bras dont sa mère attendrie l'entoure.

Tout d'un coup, Giotto trouve la solution complète, qui bouleverse toutes les formules et les habitudes de l'époque précédente. Il y a là une modification radicale réalisée en quelques années par ses admirables découvertes, qui apportent une double et capitale nouveauté : la représentation exacte et complète de la Nature, le rendu de la lumière, qui fait ressortir ou baigne d'ombre, au gré de l'artiste, telle ou telle partie de la scène. Ainsi sont créés deux moyens d'expression, merveilleux, et cependant oubliés, dédaignés depuis la fin du monde antique. A ces deux modes nouveaux Giotto portera, dans ses fresques de la basilique d'Assisi, de la Chapelle de Santa Croce de Florence et de celle d' Arena de Padoue, tous ses efforts et son talent sur la composition et sur la mise en évidence des scènes de la vie de Saint François.

Cimabue exécute les fresques de l'Apocalypse- Giotto celles de la vie de St François.

  " Credete Cimabue nella pittura, tener lo campo, ed ora ha Giotto il grido, si che la fame di colui è oscura " écrit Dante dans le Purgatoire XI de la Divine comédie . Il ne s'agit pas de prétendre que les chefs-d'oeuvre de Cimabue cèdent en beauté à ceux de Giotto; On lira dans ces vers la reconnaissance et la glorification de la modernité de Giotto notion acquise par le rapport généalogique entre les deux peintres; Cimabue étant son prédécesseur mais aussi son maître. Une vieille tradition fait de Giotto un élève de Cimabue. Le disciple s'est vite dégagé de l'emprise du maître, si vite même, qu'aucune de ses oeuvres connues ne porte la moindre trace d'une pareille influence.

Assise berceau de la Communauté Franciscaine : deux tendances s'affrontent au lendemain de la mort de Saint François - Cimabue se charge de l'exécution des fresques traitant le thème de l'Apocalypse base de la réflexion de la tendance spirituelle des franciscains "purs "

C'est à Assise qu'il faut se tourner pour confronter les deux oeuvres. Une scission a éclaté au sein de la communauté franciscaine au lendemain de la mort de Saint François. Deux tendances s'affrontent: Celle des "spirituels" qui veulent maintenir dans toute sa pureté la doctrine primitive sur la Pauvreté " le poverello"; de l'autre les " conventuels ", " les modérés ", qui sont prêts à des adaptions de ces règles de pauvreté absolue afin de mettre en phase leurs doctrines avec les impératifs souhaités par l'Eglise officielle qui violemment contestait la question de la pauvreté absolue. La tendance spirituelle fait une grande part à la mystique et base sa réflexion sur une interprétation particulière de l'Apocalypse, notamment sur le passage de l'ange qui apparaît à Saint Jean portant les stigmates, sceau du Dieu vivant. Elle prétendait que ce passage était un présage annoncé par l'apocalypse ; Il s'ouvrait avec l'apparition de l'Ordre franciscain. L'heure était donc venue d'établir sur la terre le règne du Saint esprit sous la conduite de Saint François et de sa règle de pauvreté absolue. Elle aura une incidence sur l'accomplissement des fresques qui décorent la basilique d'Assise: La représentation d'un cycle apocalyptique dans la basilique de Saint François. Il ne fait aucun doute des sympathies de Cimabue pour la tendance des "spirituels" C'est lui qui engagera l'exécution des fresques portant sur l'Apocalypse.

Les fresques du cycle de l'Apocalypse par Cimabue

Après un séjour à Rome et avant son retour à Florence Cimabue travaille à Assise à la décoration du choeur et des transepts de l'église supérieure. Nous sommes en 1282. IL y fait, pour autant que les attributions soit certaines: une passion du Christ et une apocalypse de Saint Jean. Le très mauvais état des fresques de l'Apocalypse ci-dessous illustrées gêne l'appréciation esthétique de l'oeuvre. Toutefois, ce que l'on aperçoit de la crucifixion ci-dessous présentée et de quelques fragments isolés mieux conservés permet de se faire une idée de l'exceptionnelle puissance d'expression de Cimabue.

Les fresques du cycle de Saint François par Giotto

Boniface VIII nommé Pape après une intervention musclée contre les patriciens et la masse populaire cherche une doctrine plus apaisante qu'une représentation apocalyptique associée à l'idée franciscaine qui paraîtrait aux riches dirigeants de Florence comme flairant l'hérésie.Une attitude plus nuancée sera adoptée;Giotto, choisi par un émissaire du Pape arrive à Assise en 1287. Avec l'accord des commanditaires Il entreprend d'étaler sous les yeux des fidèles les épisodes de la vie de Saint François. Les scènes retenues sont tirées du texte publié par Saint Bonaventure. Giotto y perce le désir d'honorer le Saint en accumulant les preuves de l'estime où le tenaient le peuple en y étalant les témoignages de son pouvoir surnaturel. Curieusement, Giotto ne met pas l'accent sur les traits qui sont le propre du Franciscanisme. Seule le tableaux 2 de cette fresque (Saint François donne son manteau au pauvre) et la 5 ( Saint François renonce aux biens de ce monde) dépeignent La charité et la pauvreté . 7 tableaux de cette fresque sont consacrés aux miracles spectaculaires ; En revanche 14 tableaux sont teintés d'une influence officielle. Ils sont réalisés à titre honorifique de la hiérarchie de l'église ou qui font l'objet d'une mystique approuvée par les officiels.

Giotto le Prince des Peintres Inventeur de l'art renaissant

Nous ne possédons pas de véritable biographie contemporaine de Giotto, mais de très nombreux témoignages de l'époque en exaltent la gloire et en dépeignent la personnalité. Les déconstructions artificielles de l'art du XXème siècle dont nos contemporains se nourrissent ont bouleversé notre appréciation des valeurs durables de la Peinture Italienne de l'époque byzantine à la Renaissance. Dans l'introduction établie pour annoncer l'oeuvre d'Albertus Durer ( voir Albertus Dürer ) il est fait mention de la place prééminente occupée par l'Art italien au cours de la Renaissance ce qui déterminera tout le développement de l'art en Europe. Cimabue et Giotto ont préparé la voie qui conduisit à cette production sans équivalence pendant plusieurs siècles. On assista après Giotto à une saine compétition entre Florence, Padoue, Sienne et Venise. Cette saine émulation devait produire les chefs d'oeuvre réalisés par les peintres du Quattrocento de Florence, par Pietro de la Francesca et Raphaël de Padoue et de Sienne, et par Titien, Tintoret, Véronèse de Venise.Devant une fresque de Giotto et de Cimabue,, c'est la naissance de ce florilège de grands Peintres qui s'annonce .

On pénètre dans La Basilique S. Francesco inférieure par un beau porche Renaissance puis rapidement on est plongé dans la pénombre, là les fresques (du 13 e attribuées au Maître de S. François) apparaissent, fascinantes. Les Chapelles annexes sont également entièrement peintes de fresques qui racontent la vie de St-Martin de Tour ( Simone Martini) ou de Ste-Marie Madeleine (par Giotto), on ne peut plus parler, on regarde de toute part c'est très impressionnant. Nous sortons de la Basilique complètement abasourdis et aussi déboussolés par une impression de grandeur et de beauté.

Les rues d'Assise sont encore très certainement comme elles étaient du temps du Saint, il faut faire abstraction de l'exploitation commerciale du tourisme et regarder les façades des vieilles maison qui sont toutes différentes mais donnent le sentiment d'unité grâce aux pierres dorées et au volets peints en brun. On comprend mieux pourquoi l'ensemble de la ville d'Assise a été classé Patrimoine de l'Unesco !

Version italienne

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