... Espagne ...

 

Texte et photos de Chantal et Michel

Le samedi 27 mars 2004

Nous visitons deux anciens monastères très beaux, mais très différents l'une de l'autre. Celui d'Alcobaça est grandiose, mais très dépouillé. La nef est splendide, voire impressionnante par sa nudité, sa blancheur. Sa voûte est la plus vaste de France.

Quant à lui, le monastère de Batalha, dont nous gardions un excellent souvenir de notre passage, il y a 7 ans, est moins grand, de style gothique et mauélin , d'un beau calcaire à grain fin.

De plus l'éclairage de nuit y est génial. On s'en donne à cœur joie pour des photos de nuit.
Chantal se fait couper les cheveux. La coiffeuse ne parle ni anglais, ni français et nous ne parlons pas portugais. Mais, dans la bonne humeur, on finit par se comprendre.. sauf que… Chantal a oublié de lui préciser la longueur des cheveux qu'elle désirait.. Elle est ressortie avec des cheveux très, très courts. Impossible de revenir en arrière…!

Nous couchons dans le parking, juste derrière le cloître. Viennent nous rejoindre trois CC norvégiens dont nous faisons la connaissance.

Le dimanche 28 mars 2004
Nous nous rendons à Luso, ville thermale. On dit que son eau est comparable à celle de ContrexSéville. Les gens viennent en grand nombre remplir leurs bidons. La ville est sise dans la forêt Mata do Buçaco, bien aménagée avec de très anciens arbres d'une grande variété d'essence. Certains sont gigantesques. Nous stationnons près du Palace Hôtel,  un ancien pavillon de chasse, reconverti au début du vingtième siècle. Les promeneurs du dimanche sont nombreux. Ils viennent en voiture ou même en car de touristes.

C'est aussi un lieu de pèlerinage. Vers 16 h, il y a un rassemblement de personnes juste en face de nous, devant une grotte. Puis vers 16 h 15 arrive un curé avec des hauts parleurs portatifs. Une célébration quelconque démarre. Au bout d'un peu plus d'une heure, tout ce monde se met en route dans un sentier dans la forêt. On entend au loin des cantiques. Ils reviendront vers 18 h 30.

Nuit tranquille.

Le lundi 29 mars 2004

Route vers Porto. Comme nous avons vu à la dernière minute et donc trop tard, la sortie pour le camping, nous cherchons beaucoup pour trouver le camping Orbitur de Madalena. Le bus pour Porto a son terminus juste en face. Nous retrouvons nos Norvégiens de Batalha à qui nous avions donné l'adresse du camping.

Le mardi 30 mars 2004
Visite de Porto, temps froid avec alternance de pluie. La ville est en chantier de construction d'un métro. Le centre historique, classé patrimoine mondial, est entouré d'une partie plus récente, 19 ième et de style « art nouveau » aussi très intéressant. Nous faisons une promenade en bateau d'où nous voyons un autre aspect de la ville : plusieurs d'édifices abandonnés et vandalisés.

Visite de l'église Sao Francisco aux boiseries et statues (talha dourada) de bois recouvertes d'or ayant requis 210 kg d'or de 22 carats (selon le Guide Bleu p. 241). « C'est l'expression la plus folle du baroque. »

Le mercredi 31 mars 2004
Vsite des caves de Ferreira et Offley. Il n'y a que nous. Nous avons donc à chaque fois une visite guidée privée.

La pluie est entrecoupée de soleil le midi. Suite aux informations obtenues au kiosque d'informations touristiques, nous prenons le repas du midi dans un restaurant brésilien le Mineirao sur l'esplanade face aux caves. Ce sont des grillades délicieuses et le repas est copieux. Comme notre serveur ne parle ni français et à peine l'anglais, un jeune portugais de la table voisine s'offre pour nous aider. Nous discutons par la suite longuement avec lui.

Le jeudi premier avril 2004
Il a plu averse toute la nuit. Départ vers Vila Real et le château de Mateus. Comme d'habitude, les indications routières sont variables. Mais grâce au GPS et surtout en lisant les affiches en sens inverse, on se retrouve rapidement. Près de Vila Real, on monte à plus de 1000 m. La température chute à -0,5C. Il neige. Ce n'est pas un poisson d'avril!

Le Château de Mateus ne peut être visité aujourd'hui. On y attend de très nombreux groupes scolaires. Nous devons nous limiter aux jardins. Cela valait le détour. Mais la visite se fait sous la pluie. On se remet en route vers Guimaraes.
Guimaraes fut la première capitale du royaume du Portugal. Un premier tour de ville nous enchante. La vile, très coquette, comporte de nombreuses églises, places verdoyantes et bien fournies d'arbres floraux. Nous avons longuement cherché les informations touristiques, un petit symbole un i l'identifiait. Nous ne l'avions pas vu lors de nos premiers tours du centre-ville. Nous nous sommes rivés à des portes closes, le premier jour. Nous avons connu ainsi la ville.

Dans le parking très vaste d'une église, nous nous renseignons si nous pouvons y coucher. Un premier automobiliste nous dit qu'il n'y a pas de problèmes. Un second me fait signe et je m'approche. Il me dit que demain se tiendra la foire. Donc on ne peut y rester. Il nous indique Penha, un site sur la montagne qui domine la ville. Nous nous y rendons. C'est magnifique! Site fort beau avec arbres, gros rochers tous recouverts de mousse. C'est à la fois un lieu de pèlerinage et aussi de balades en forêt.

Le vendredi 2 avril 2004
Au coucher du soleil, il faisait 2 C et il y a eu de la pluie parfois forte cette nuit et quelques grêlons. Même température au lever. En ville, nous finissons par trouver un parking près d'une école mais aussi près du Cyber-centre. Quelle chance, vous allez avoir de nos nouvelles!! Les informations touristiques ne sont pas loin, ouvertes et l'accueil en français y est excellent. La jeune dame nous donne toutes sortes d'informations pertinentes pour nous. Notons en passant qu'elle nous confirme ce que nous pensions : le Guide Michelin, comme c'est souvent le cas pour certaines villes du Portugal est dans les « patates » du point de vue de la population de la ville. Il manque un zéro!

Visite agréable de la vieille ville entre les gouttes de pluie. Repas pris dans des restos suggérés par le centre d'information touristique. Nourriture familiale, bourrative, sans plus.

Nous sommes allés en avant-midi dans un Cyber-centre pour faire la relève de notre courrier, vous donner de nos nouvelles et vous envoyer un texte racontant nos premières semaines au Portugal. Texte difficile à produire, tant nous avons profité de l'Algarve et des ballades fort agréables le long de la mer. Le soir, nous étions cannés et reportions le récit de nos journées.

Nous avons visité l'église Sao Francisco, style baroque avec profusion de dorures. Retable magnifique, la plus belle sacristie du Portugal. Nous avons été pris en charge par un monsieur fort gentil qui nous apprend que l'église et l'ancien couvent sont une propriété privée. Il nous fait visiter les nouvelles vocations de ces lieux : une maison de retraite pour personnes âgées, hôpital ainsi qu'un centre d'éducation pour de jeunes enfants.

Le samedi 3 avril 2004
Visite de la jolie petite ville de Viana Do Castelo. Coucher près de la plage et de l'ancienne arène de taureaux. En face il y a une grande villa avec des antennes de radio amateur. Je discute avec le fils du défunt propriétaire. Son père aurait 100 ans. Il a été un radio amateur très actif durant 70 ans.

Le dimanche 4 avril 2004
On remonte doucement jusqu'à Vila Praia De Ancona on fait la connaissance de deux couples de camping-caristes français. On échange des trucs et de bons endroits. Ils ont fait la côte nord de l'Espagne qu'ils ont aimé, aucun problème de sécurité. Par contre, nous apprenons que les WC ne sont pas légion comme au Portugal et qu'il est préférable de vidanges ses toilettes dans les stations d'essence sans faire le plein pour se donner une marge de manœuvre les jours suivants.

Bilan du Portugal

Nous avons été charmés par le Portugal et par ses habitants.

Les paysages sont jolis, en particulier la côte de l'Algarve. Les monuments sont en général très bien restaurés et bien entretenus. Le pays est très propre sauf dans la partie nord où de nombreux déchets jonchent le sol des parkings à proximité des poubelles fort nombreuses. Les toilettes publiques sont d'un état irréprochable même si elles ne sont ni surveillées ni payantes. On a remarqué un changement considérable dans les habitudes de onduite automobile depuis notre dernier passage, il y a environ 8 ans. C'est maintenant agréable. En effet, on y respecte les règles de conduite. Les gens sont calmes et pardonnent facilement nos hésitations, voire nos fautes.

Le contact avec les Portugais est facile. Presque tout le monde se débrouille soit en anglais, soit en français. De plus on vient souvent spontanément nous parler pour nous aider. Nous avons eu plusieurs contacts intéressants. C'est l'un des pays que nous avons visités où les contacts sont les plus faciles. Visiter un pays, ce n'est pas seulement voir des cartes postales mais, pour nous, avoir de vrais contacts avec les autochnes est primordial. Nous pouvons avoir aussi réponses à toutes les questions que nous nous posons lors de notre voyage dans le pays.

Les gens du pays sont spontanés, ils se parlent facilement que ce soit dans les autobus ou encore dans les magasins. Même à Lisbonne, la capitale, les gens s'adressaient facilement la parole dans les transports en commun. Une ambiance de petite ville régnaient, c'était bien agréable. Les gens étaient naturels, nullement guindés. Ils ne cherchaient pas à projeter une image.

Enfin, nous n'avons jamais eu l'impression de ne pas être en sécurité.

Nous avons été frappés par la petite taille des Portugais, à l'inverse de la Norvège.

Du côté gastronomique, c'est correct, même bon. Cependant, il est difficile de trouver des aliments sans sucre ex. céréales musli, jus d'orange ou autre, …Les Portugais ont un goût prononcé pour les pâtisseries. Il fallait voir la mine réjouie de deux jeunes femmes qui salivaient quand nous avons abordé le sujet des gâteaux. Nous en avons essayé plusieurs, mais nous n'avons pas eu le même engouement.

Nous apporté des épices pour faire le poulet Péri-Péri bien en vogue dans le sud.

Pour un $ CND faible , le coût de la vie est acceptable. Les oranges fort délicieuses sont une aubaine, le porc, la volaille sont vraiment pas chers.

Le lundi 5 avril 2004
Nous passons en Espagne, en Galicie tout d'abord.

Comment seront les Espagnols de cette région alors que nous avons beaucoup aimé les contacts faciles que nous avons eus avec les Portugais? Les gens que nous avons rencontrés sont des gens cordiaux, fort sympathiques, souvent prêts à nous aider. L'expérience vécue en Andalousie, il y a quelques années, nous avait déçus.

On continue à remonter vers le nord en suivant si possible la côte. La côte est jolie. Il y a alternance de plages et de côtes rocheuses. Peu d'hôtels comme c'est le cas dans le sud de l'Espagne. La côte est plus sauvage, moins exploitée, Par contre, en beaucoup d'endroits, de nombreuses maisons ont poussé comme des champignons sans aucune harmonie, tout est très disparate et laid. L'Espagne est plus propre que la partie nord du Portugal, même s'il y a moins de poubelles. Mais il reste des délinquants tel ce jeune couple dont le mâle, mine de rien, jette ses papiers sous sa voiture avant de partir. Les papiers sont restés un moment avant d'être emportés par le vent.

Le mardi 6 avril 2004
Route vers Santiago de Compostelle. Arrivés en ville, on suit la direction des informations touristiques. Mais soudainement il n'y a plus rien. S'il n'y a aucune indication, c'est que, avons-nous appris, nous devons continuer tout droit. Malgré tout on s'informe auprès de policiers fort nombreux en cette période de semaine sainte, en raison des attentats qui sont survenus dans les trains en Espagne. On apprend que c'est juste derrière nous, derrière les arbres. Il y a un parking souterrain auquel on ne peut accéder. Je décide donc de tourner pendant que Chantal va aux informations.
Au premier tour, sourire des policiers qui me font signe qu'ils comptent les tours. Au second tour, un autre policier aux cheveux gris, qui fait la circulation, siffle dans ma direction, me fait des signes et vient m'engueuler. Je crois comprendre qu'il n'aime pas que je tourne en rond. Alors, en français, j'essaie de lui expliquer. Il ne comprend pas ou ne veut pas comprendre. Il arrête la circulation et me force à prendre une autre direction en me criant « parka ». J'en suis donc quitte pour faire un grand tour en ville. Heureusement à mon retour, Chantal est là et m'attend.

Entre temps, la jeune dame de l'info touristique fort sympa nous a appris que cette région parle le Galicien qui s'apparente beaucoup au Portugais.

On prend la direction du camping proposé par le grand i. Évidemment, comme d'habitude, on a des problèmes à extrapoler les informations manquantes, mais on finit par trouver. Le camping est fermé ! Mais on nous indique un autre camping. C'est tout droit à moins de 2 km, Mais le tout droit nous conduit à un T où il faut choisir. Puis il y a de nouveaux ronds-points. On fait demi-tour. On saura qu'on était à 100 m. Après une autre trentaine de minutes à errer, grâce au GPS et aux cartes partielles on finit par trouver. Du centre-ville au camping, on aura mis 2 heures pour faire 2 km. Mais comme tout chose a un bon côté, nous voilà aptes à nous diriger en ville.

Après la sieste ( et oui, on a pris le rythme de l'Espagne!), on prend le bus vers le centre de la ville, on visite la cathédrale qui ne nous a pas épatés, les places et les rues environnantes. Il y a beaucoup de monde dans la cathédrale où se déroule une messe. Les pèlerins commencent à arriver en grand nombre pour les célébrations de Pâques. Il y a aussi un grand déploiement des forces de police. Les rues sont aussi très animées. On s'arrête à 19heures dans un resto bar où les tapas sont bons (une suggestion de la préposée de l'info touristique). On est cependant un peu tôt. Ici la vie recommence à 20 h voire 21 h. On en profite ensuite pour faire la rue des restos. On y propose de tout depuis les fruits de mer jusqu'aux steaks en passant par le porc et la volaille. Ce sont les langoustes qui attirent notre attention. Mais les prix sont à couper l'appétit : 120 € (200$ CND).

Le vent est fort et froid. Transis nous rentrons.

Le mercredi 7 avril 2004
Il fait un vrai temps de semaine sainte : venteux, froid, gros nuages. Nous prenons la direction de la mer, direction Noia et Curcubion, où nous nous installons sur le port pour la nuit. En compagnie d'un CC espagnol. Bientôt 2 autres CC espagnols nous rejoignent.

Nous regardons longuement une famille faire de la voile par un vent de plus de 30 nœuds (50 à 60 km/h). Les parents suivent dans une embarcation gonflable avec un moteur. Deux jeunes de 10 ans et 12 ans environ sont en dériveur et un autre avec un Optimiste. Il faut être très aguerri pour sortir par un tel temps!

Le jeudi 8 avril 2004

Le temps est toujours très frais et très venteux. Nous poussons vers le point le plus à l'ouest de l'Espagne, le cap Finisterre. Les collines sont jaunes, couvertes de genêts en fleurs. La côte est très accidentée et parsemée aussi de très belles plages de sable blanc. Sur la route, nous croisons des familles en vacances pascales. En effet, pour plusieurs, le congé débute le mercredi saint, pour les autres le jeudi saint pour se terminer le mardi de Pâques. Les écoliers sont déjà en congé depuis le début de la semaine.

Puis nous remontons vers le nord-est en suivant le plus possible la côte pour nous arrêter au port de Cedeira. Là, les Espagnols se baladent en famille le long de la plage et du port de pêche. Certains, de tous âges, taquinent le poisson avec plus ou moins de succès.

Vers 22 h, le parking est presque entièrement désert. Mais, vers 23h 30, il se repeuple à nouveau. Le repas du soir est fini et les jeunes sortent. Nous décidons de changer de place. Un peu plus près de la ville, il y a un autre parking où se sont arrêtés 4 CC espagnols. Nous y allons.

Le vendredi 9 avril 2004
Ce matin, nous sommes 7 CC stationnés au même endroit. Il fait froid, 6 C et le ciel est très gris. En route vers l'est, nous avons des chutes de pluie éparses. La côte fait un peu penser à la région de Rimouski. En ce vendredi saint, tout est fermé sauf les boulangeries et les restaurants qui sont bondés. Il semble que les Espagnols prennent les bons côtés de cette période : les jours fériés mais qu'en est-il du carême?

Nous nous arrêtons à la plage de Muros de Nalon. Les jeunes couples sont nombreux. Puis, malgré les 9 C, vers 17 h les familles commencent à arriver pour une promenade sur la plage. Même dans le nord et en hiver (ou presque) le rythme de vie si approprié aux étés très chauds se continue.

Ici les toilettes publiques sont très rares. Aussi les hommes qui se soulageant même en pleine ville, sont nombreux. Nous avons même vu aujourd'hui, derrière un petit édifice de la plage de Cadavedo, une jeune femme changer son tampon hygiénique. Autres pays, autres mœurs !

Nous ne nous arrêtons pas voir les grottes d' Altamira. Car, selon un des livres consultés, ces fameuses grottes sont fermées au public ou encore il faudrait, selon un autre guide, réserver des mois à l'avance. Dommage!

Le samedi 10 avril 2004
Il pleut, il fait froid, 3 C au lever. Nous continuons vers l'est en longeant l'Atlantique de plus ou moins loin. L'autoroute gratuite est très bien. Il y a même une halte routière avec table, WC, et endroit pour que les CC fassent la vidange.

L'urinoir des WC des hommes est très bien aussi!. Il est fait pour ne pas dépayser ces messieurs habitués à se soulager en ville le long des murs. Il s'agit en effet, essentiellement d'un mur de simili-marbre sur lequel on « pisse ». Au pied, une étroite rigole recueille ce qui ne va pas sur le plancher. Un petit jet d'eau permet d'arroser une partie du mur et conserver ainsi les odeurs naturelles.

Nous posons à l'extrémité du port de Laredo. En raison de notre position et du fait qu'on ne puisse y tourner facilement, nous croyons que nous devrions être tranquilles. Bientôt un CC allemand et un espagnol viennent nous retrouver.

Le rythme de vie espagnol, quoique connu de nous, nous surprend toujours. Repas du midi vers 14 h, sieste jusqu'à 17 h, puis en ces jours de congé, les familles sortent pour une balade. Malgré le froid, le vent, les averses dispersées, elles déferlent sur la très grande plage de Laredo. Vers 20 h, le centre ville est noir de monde. C'est l'heure de l'apéro et des tapas. Ceux qui n'étaient pas sortis jusqu'à maintenant ont rejoint les autres. Les bars se remplissent. Même les jeunes enfants y accompagnent les parents. Puis vers 21 h, ce sont les restaurants qui se remplissent. La sortie a lieu à partir de 23 h. Alors commence la vague des jeunes gens. Le sommet de cette vague a lieu vers 2 h du matin.

C'est à ce moment que nous décidons de changer de lieu. En effet, plusieurs petites voitures noires, vitres teintées, silencieux modifiés ont commencé à arriver et à se garer près de nous. Ça parle fort, ça urine ostensiblement directement dans l'eau du port. Qu'est-ce que ce sera à la sortie?

Un jeune espagnol, en passant à côté de notre camping, tape sur le camping-car à trois reprises. Nous quittons ce lieu au plus vite.

Après un peu de recherche nous trouvons un petit terrain pour la machinerie des cantonniers, sur une petite route à l'écart, près d'un petit resto de routiers. Il n'y a pas de circulation. Nuit enfin tranquille.

Le dimanche 11 avril 2004
Ce matin vers 10 h une voiture s'arrête au resto pour repartir presque aussi tôt accélérateur au plancher. On regarde, c'est une voiture immatriculée en France.

Il faut noter qu'en France on a des habitudes un peu particulières. On y considère la ligne rouge du compte-tour comme le but à atteindre le plus rapidement possible. La ligne jaune indique la vitesse minimum en dessous de laquelle il ne faut pas descendre. En ville, il faut accélérer jusqu'au moment où il faut freiner pour le prochain feu ou rond-point. Évidemment, cela augmente très considérablement le niveau de bruit. Dans tous les autres pays visités, que ce soit dans les pays nordiques ou au Portugal et en Espagne, c'est plutôt l'inverse qui se passe. Les gens accélèrent calmement, changent de vitesse le plus tôt possible, minimisent ainsi le bruit. Évidemment, on ne parle pas ici de Naples, l'inqualifiable.

Comme il ne fait toujours pas beau, nous prenons l'autoroute en direction de la France.

Il est impossible d'entrer à Saint-Jean-de-Luz, la route menant au centre-ville est barrée. Aussi nous continuons jusqu'à Peyrehorade où nous attend une halte municipale. En route, je teste l'utilisation de mon adaptateur qui me permet remplir moi-même mes bouteilles de propane avec du GPL..

Nous nous arrêtons pour la nuit dans une aire de la petite ville de Peyrehorane.

Bilan de notre court passage en Espagne du nord

Nous ne parlerons ici que de notre passage dans la partie nord de l'Espagne : Galicie et Pays Basque.

Les paysages sont jolis, souvent sauvages mais à cause du mauvais temps nous n'en avons pas beaucoup profité.

La conduite automobile est agréable. En effet, un peu moins qu'au Portugal, les conducteurs ne sont pas nerveux et leur comportement est prévisible. On y respecte le code de la route.

Mais ce qui est difficile, c'est d'établir des contacts avec les gens. Ceux-ci ne parlent en général ni français, ni anglais. Cependant, contrairement à ce que nous avions expérimenté à l'est et dans le sud, ils ne sont pas arrogants et peuvent même esquisser un sourire ou faire un signe de la main lors qu'on leur cède le passage.

Nous aurions aimé connaître davantage les gens de cette région.

Nous ne nous sommes jamais sentis dans l'insécurité.

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