en Portugal...
Texte et photos de Chantal et Michel

Explication d'une photo de chèvres faisant partie de l'envoi précédent.
Ces chèvres grimpent aux arganiers, arbres de 6 m de hauteur maximum au feuillage persistant et qui poussent en région désertique et remplacent alors les oliviers. Ces chèvres grimpent dans ces arbres pour manger les jeunes pousses et les fruits de la grosseur d'une olive. Leurs acrobaties sont spectaculaires.

Ces arbres ont également une autre utilité. Les femmes recueillent les noyaux, les écrasent ainsi que la pulpe pour en faire une huile au goût grillé prononcé. C'est l'huile d'arganier. Le rendement est vraiment peu élevé.

Le vendredi 20 février 2004 (suite)

Il est très intéressant de faire la connaissance d'une telle famille. Après un moment de causette, on est invités à se laver les mains, puis on passe à table. Un seul grand plat immense est placé au milieu de la table ronde. Chacun y pige à l'aide d'une cuillère et/ou de ses doigts.

Le retour au camping se fait sous la pluie.

Le samedi 21 février 2004
Temps nuageux, venteux mais heureusement pas de pluie.
Nous commençons par nous rendre au cybercafé local, à une centaine de mètres du camping. Pas de problèmes pour utiliser le portable. Aussitôt, l'hôtesse appelle un technicien qui me donne les réglages. En moins d'une minute, on est en ligne. Le seul problème vient de mon Internet Explorer qui veut absolument utiliser un réglage de Proxy (CSMV) datant d'il y a un an et demi. Je passe donc à Netscape.

Nous nous rendons visiter le magnifique mausolée de Mohammed V , la tour Hassan ll et le parc situé juste devant. C'est probablement le plus beau parc que nous ayons vu au Maroc. Puis nous terminons l'après-midi par un arrêt à la maison des artisans et une autre balade dans les souks.
À la tombée de la nuit, on a droit à un concert d'aboiements. Un magnifique Doberman avec collier est en liberté dans le camping. Quand il circule, il provoque l'aboiement des chiens errants du voisinage, en particulier ceux qui se promènent sur les toits des cafés qui longent la plage juste derrière le camping. De plus " notre " Doberman leur répond. Ça promet. Bien que plusieurs personnes se soient plaintes, bien que le surveillant de nuit ait promis de régler le problème, rien n'a été fait. Nous nous rendons compte, que comme les gamins de Moulay Bouzerktoun, il a une peur bleue du chien. Pourtant celui-ci n'est pas méchant, j'ai même réussi à le faire asseoir. Ça promet pour la nuit

Le dimanche 22 février 2004
La nuit a été infernale. Les chiens ont aboyé continuellement. Ils ne furent interrompus que par un grain (pluie forte et vent très fort). Nous ne resterons pas ici une autre nuit, nous avons besoin de sommeil.

Nous remontons vers Kénitra. À Méhdya Plage se trouve un camping recommandé. Mais le fort vent charrie beaucoup de sable et de plus il est tôt. Nous décidons de nous mettre à la recherche des endroits recommandés pour le remplissage des bonbonnes de gaz. D'un renseignement à l'autre, sur l'écran du GPS nous dessinons une marguerite autour de la ville, mais en vain. Mais cela nous donne l'occasion de passer à travers des quartiers populaires extrêmement défavorisés. Ce sont de véritables favelas. Des km carrés d'abris de tôles rouillées et de bouts de plastique. L'environnement est encore pire. On a l'impression de circuler dans de véritables dépotoirs. Ici la construction de logements sociaux n'est pas encore arrivée.
Nous n'avons pas pris de photos, car nous nous serions sentis vraiment voyeuristes.

Le lundi 23 février 2004
Nous avons couché dans le parking d'une aire de repos s'adressant surtout aux émigrés marocains de retour au pays, à Kénitra. Le parking est retiré de la route et peu achalandé. La nuit fut très reposante.

Nous sommes toujours à la recherche du centre de remplissage de gaz, que nous ne trouvons pas.

Puis nous continuons vers le nord avec une halte pour le repas du midi à Moulay Bousselham, une réserve ornithologique. Un " pêcheur " vient nous offrir des poissons. Mais ses prix sont entre 4 et 5 fois ce que nous avons payé au super marché.

Pendant ce temps, 2 CC italiens arrivent. Une dame descend, s'approche des enfants qui sont à l'écart et se met à leur donner des stylos, sans qu'ils en demandent. Évidemment, en peu de temps il y a attroupement. Ils en veulent plus et nous sollicitent aussi.

Puis un type vient nous réclamer de l'argent pour le parking. Mais le parking n'est pas payant. Un autre type nous explique que nous sommes riches et que le faux gardien est pauvre et que je dois lui donner. Cependant, les deux ont des montres rutilantes et sont très bien vêtus. Alors je lui explique combien j'ai dépensé au Maroc. Je lui montre les traces de cailloux lancés par les enfants. Nous changeons de place.

Nous filons vers le camping près des Grottes d'Hercule, où nous avions couché à notre arrivée au Maroc. Le prix a fait un bond. Mais je rappelle au type combien j'ai payé la dernière fois. C'est OK! En remplissant les fiches, je me rends compte qu'une fois de plus, on a tenté de nous rouler. Les mimosas sont en fleurs, c'est magnifique.

Le mardi 24 février 2004
Alors qu'on roule vers le port, on reçoit un appel téléphonique qui nous informe d'un tremblement de terre qui a été ressenti de Tanger à Fès. Il y aurait des morts. À Tanger, tout est calme. On apprendra plus tard que les morts auraient eu lieu dans des villages retirés.

On se présente au port. Les formalités de police, la douane pour la réexportation du véhicule, tout se passe en un clin d'œil, aucune question, aucune fouille, ce qui n'est pas le cas pour les voitures qui nous précèdent. Pendant les formalités, un vendeur nous offre ses produits : pour celui qui nous intéresse, il demande 260 DH. Après négociations serrées, on l'aura à 80 DH. S'il vend, c'est qu'il fait encore un bénéfice.

Un ferry est sur le point de partir. Nous embarquons les avant-derniers, nous serons donc parmi les premiers à sortir.

Comme nous n'avons pas eu le temps de dépenser tous nos DH, ni de les changer à la banque, nous changeons dans le bateau. Heureusement que nous en avions peu car la perte est de 20%. Ce n'est pas le meilleur endroit.

L'arrivée en Espagne se fait de façon tout aussi conviviale. Les voitures devant nous se font fouiller. On nous fait signe de passer.

Sous la pluie intermittente mais parfois forte, nous prenons la direction de Cadix pour s'arrêter près de la mer dans une ville touristique chic, à Cabo Roche (Chiclana de la Frontera). Le golf y est magnifique, entièrement vert. Les verts semblent du billard. Ça fait rêver. Nuit non loin de la mer très calme.

Bilan du Maroc

Le Maroc est un pays à la fois fascinant et déroutant.

Sur le plan géographique et scénique, c'est un pays très varié, très exotique. On passe du désert à des plaines fertiles, puis à des hautes montagnes très abruptes. Sur la côte ouest, il y a de nombreux et magnifiques plages.

Sur le plan humain, nous avons rencontré un grand nombre de personnes parlant très bien français. Beaucoup sont sincèrement accueillants. Nous avons fait plusieurs rencontres très enrichissantes. Sur la route, les gens nous envoient la main et nous sourient fréquemment et volontiers. Lorsque nous avons eu à demander des renseignements que ce soit à des civils ou à des policiers, tous nous ont toujours aidés avec empressement.

Du côté des enfants, c'est l'ambivalence. Lorsque nous circulons, la plupart nous envoient la main et nous sourient de bon cœur. Cependant, et c'est une minorité importante, plusieurs sont agressifs, nous font des grimaces, des gestes de menaces et parfois nous lancent des cailloux. Essayons de garder en mémoire les sourires radieux.

Mais, ce qui fut le plus difficile, ce fut la mendicité et la façon de faire des affaires. En effet, presque systématiquement, les prix pour les touristes sont majorés. On a même vu des prix multipliés par 10. De plus, quand une affaire est conclue, qu'ils ont accepté notre offre, qu'on a payé, ils reviennent à la charge en demandant plus, " pour les enfants ", pour leur femme, … Si c'est nous qui acceptons leur prix, ils repartent à la hausse. Au moment de la monnaie, il faut compter. Les " erreurs " sont systématiques. Mais ils se rendent compte immédiatement de nos erreurs. Il faut aussi toujours vérifier les quantités et la qualité. Certaines pratiques seraient considérées comme du vol chez nous. Plusieurs fois nous avons eu l'impression que le touriste est un pigeon à plumer.

Il est évident que la pauvreté est endémique. De plus l'absence de sécurité sociale rend les infirmes, les chômeurs entre autres très dépendants. Certains n'ont donc comme recours que la mendicité. Mais il est très pénible de se faire harceler. S'il avait fallu donner à chaque enfant qui réclame, à chaque mendiant, nous aurions dû rentrer chez nous dès la première semaine. D'autre part, il y a des mendiants qui en font une profession fort lucrative. C'est du moins l'impression que nous avons eue quand nous nous sommes arrêtés quelques jours au même endroit. L'attitude des locaux à leur égard est significative. Enfin nous nous sommes fait interpeller par des jeunes et des ados qui n'étaient manifestement pas dans le besoin.

Nous avons passé 2 mois en Turquie en 2002. Ce pays n'est pas plus riche que le Maroc. C'est aussi un pays musulman. Mais nous n'y avons pas connu ces désagréments. L'accueil y fut très chaleureux, totalement gratuit malgré le barrage de la langue. Nous avions la larme à l'œil au moment de quitter. Ici non!

Reviendrons-nous? Peut-être que dans quelque temps nous aurons oublié ces désagréments et que nous ferons un bilan plus franchement positif. Des 28 pays visités à ce jour, c'est celui qui nous a laissé le plus ambivalent.

* *; *

Le mercredi 25 février 2004

Le vent est toujours violent et la pluie intermittente, mais forte. Nous faisons le tour de la ville de Cadix. Plusieurs parcs magnifiques longent la mer et les plages. Il faudra revenir, quand il fera beau. À la campagne, les champs sont inondés et les cours d'eau débordent.

Visite des cave Dominecq à Jeres. Après avoir touné et cherché, au bas de la butte où se trouve les caves Dominecq, nous trouvons un parking. Comme il est presque 13 h, Il y a de la place. Un " gardien " nous aide à nous stationner. Il nous réclame 2 €. Comme nous ne pensons pas rester longtemps et que c'est gratuit de 13 h30 à 17 h, nous essayons de lui faire comprendre que c'est trop. De plus nous voulons payer au retour. Finalement il nous réclame 1 €. Nous sommes pressé car la visite commence à 13 h. Nous payons. Mais nous sommes perplexes. Nous nous informons à la cave. Il n'y a pas de gardien pour ce parking. Nous nous sommes faits avoir par un faux gardien. Il n'y a donc pas qu'en Turquie ou au Maroc qu'il faut se méfier.

Comme nous avons déjà vu Séville, et comme il pleut, nous continuons jusqu'à Punta Umbria dont Le Routard recommande les belles plages. Celle que nous avions en vue est maintenant coupée par une nouvelle autoroute encore en construction et par des lotissements immobiliers. Toutes les bordures de côtes d'Espagne sont en train d'être bétonnées.

Le jeudi 26 février 2004
Nous passons au Portugal. À l'entrée, la dame de l'information touristique est très accueillante. Ça fait plaisir de retrouver le sourire et la volonté de parler une langue que les touristes comprennent. C'est si rare en Espagne.

Nous nous arrêtons dans la petite ville de Vila Real de Santo Antonio où nous faisons diverses emplettes dont le plein de gaz. Partout les gens essaient spontanément et de bon cœur de nous parler en Français. Nous stationnons dans le parking de la promenade qui longe le cours d'eau se jetant dans la mer. De l'autre côté la ville espagnole toute blanche de Ayamonte.

Le vendredi 27 février 2004
Visite rapide des villes Tavira, Olahao et Faro. En achetant une carte SIM de téléphone, la vendeuse nous indique une petite île derrière l'aéroport international où nous pouvons stationner pour la nuit. Juste à côté du centre nautique se trouve un parking qui nous semble intéressant. Comme il est un peu boueux, peut-être que les jeunes portugais le délaisseront pour leur " necking " nocturne. Nous y retrouvons des CC vus plus tôt au Maroc et un qui était tout juste à côté de nous dans le ferry de Tanger à Algerciras.

Le vent est très fort et plusieurs surfeurs à cerf-volant (kite surfing) s'en donnent à cœur joie. Ils font des sauts avec pirouettes. Ce sont des amateurs très avertis.

Le samedi 28 février 2004
Albufiera

Visite de la ville, on rencontre des Montréalais habitués de la ville, ils y viennent chaque année pour 4 semaines. Aux informations touristiques, on nous indique un cyber-café, mais une fois trouvé, on nous apprend qu'il fermé jusqu'en avril. Du tout petit village de pêcheurs encaissé entre les falaises, en moins de 20 ans , il est devenu une grand ville avec de nombreux grands hôtels et immeubles pour touristes. Les édifices sont magnifiques. Cela contraste avec les quasi gratte-ciels espagnols. Ici les " Canadians " sont nombreux. Un tour-operator torontois doit y faire des affaires.

Nous nous installons dans un grand parking sur le haut d'une colline dominant la mer. Il y a de nombreux CC de nationalités variées. Nous nous plaçons derrière une petite voiture abandonnée. Il lui manque entre autres 2 roues , une banquette, .. Mais au retour d'une balade, nous nous rendons compte qu'elle n'est pas abandonnée. Quelqu'un l'habite. Il a mis des couvertures aux fenêtres et y est allongé, on entrevoit une seringue dans la main de l'occupant. Un peu plus tard il a de la visite. Un autre type s'engoufre dans l'auto. Nous comprenons que c'est la " piquerie " du coin. Ils y passeront la nuit. Nous fermons donc nos rideaux afin de montrer que nous ne nous intéressons pas à eux.

Le dimanche 29 février 2004
D'Albufeira, on file vers l'ouest non sans quelques petits arrêts pour le plein de diesel mais surtout d'eau et pour les vidanges des eaux grises et noires. On s'arrête aussi dans un magasin d'usine des chaussures Echo. Chantal en profite. Là comme un peu partout dans la région nous y rencontrons des Québécois.

On visite, Gale, Armaçao de Pera, Senhora da Rocha, Porches. On s'arrête dans un parking sur un piton rocheux, face à une petite chapelle. Tout l'après midi, les Portugais de la région viennent y faire leur balade dominicale. Plusieurs pêcheurs jettent leur ligne du haut de la falaise. Au bas de la falaise , il y a de magnifique petites plages communiquant entre elles par un tunnel sous la falaise. Un couple de camping-caristes français sont juste à côté de nous. Ils ont célébré leur 60 ième anniversaire de mariage l'été passé. C'est leur 14e saison au Portugal.

Ce soir, nous allons au restaurant pour y manger une cataplana. C'est un plat de poissons, de coquillages et de crustacés variés servis dans une très agréable sauce. Le garçon de table nous assure que c'est bon. " Si vous n'aimez pas, vous ne payez pas " On paye car c'est absolument délicieux et de plus très copieux. Ici encore on rencontre des Québécoises. En fait on a rencontré plus de Québécois aujourd'hui que durant tout notre voyage précédant (5 mois).

Le lundi premier mars 2004
Un peu avant notre départ, on voit passer une groupe de marcheuses et marcheurs allemands tous âgés . Ils longent la falaise en suivant le sentier. Par pluie intermittente et temps complètement couvert, on quitte vers Marintha, Benagil, Carvalho. À chaque arrêt, on voit passer nos allemands qui longent les falaises.

On se gare sur une falaise entre Benagil et Carvalho. Une plage se trouve en bas. Pour y accéder, il y a deux tunnels creusés dans le roc. Cette plage très encaissée est bien protégée du vent.

Il a plu presque toute la journée.

Le mardi 2 mars 2004
Nous passons une nuit très calme, loin de la circulation, des restaurants. Même le bruit de la mer ne nous atteint pas car nous sommes très hauts. Durant la nuit le ciel se dégage et nous nous réveillons avec un soleil magnifique.

Nous faisons de balades le long des falaises. Il y a plusieurs avens communiquant avec la mer. Malgré le temps très frais, environ 10 C des allemandes ( surtout ) se font bronzer sur la plage bien abritée du vent. Nous marchons environ 12 km.

Du CC, l'autre côté de la plage se trouvent des villas de rêve. Immenses, elles font face à la mer qu'elles dominent du haut des falaises. Les jardins bien paysagés ne manquent pas d'eau : piscine et pelouses dignes d'un terrain de golf.

Nous avons eu droit à un magnifique levé du soleil et à un extra ordinaire couché. En effet, le soleil a irradié de longs et fins nuages colorant ainsi tout le ciel.

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