encore Maroc...
Texte et photos de Chantal et Michel
Le mardi 10 février 2004
Excursion à la palmeraie d'Ait Mansour, randonnée magnifique.
Cependant la route est de plus en plus mauvaise, de plus en plus étroite, nous devons couper des branches pour passer, enlever des gros cailloux pointus.
Force est de nous rendre à l'évidence : nous devons faire demi-tour et refaire en sens inverse tout le chemin parcouru. C'est beau, certes, mais … au retour, nous apercevons une bergère au milieu de ses moutons qui est au téléphone cellulaire. La conversation semble animée et agréable…

Le mercredi 11 février 2004
Ce matin, nous nous présentons au cybercafé du village. Mais rien ne marche : Internet est planté depuis hier soir. Maroc Télécom ne répond même plus aux appels de ses clients. La panne doit être générale.

C'est aussi jour de souk. Nous voulons faire quelques petits achats supplémentaires. Mais depuis hier c'est l'inflation. Tout est plus cher. Chantal se voit offrir un petit bracelet à 12 fois le prix payé hier. Pour les babouches, il faut voir le patron et lui rappeler les achats faits la veille.

Traversée d'Agadir et arrêt à Taghazout. La nuit est tombée, nous ne distinguons pas facilement où nous arrêter pour la nuit au bord de la mer.
Des quelques camping-cars observés de la route deviennent , lorsque nous nous approchons, des centaines, des centenaines de CC. Quel esprit grégaire! Il s'agit d'un camping très rudimentaire. Certaines personnes passent là plusieurs mois, aussi ils délimitent leurs terrains par des cailloux, des piquets, des toiles. Des pots de fleur ( en plastique) agrémente le tout. La parabole pour la télé immense est plantée sur le sol.

Le jeudi 12 février 2004
Vers Essaouira. Route le long de la mer

Le vendredi 13 février 2004
Nous arrivons Essaouira en fin d'avant midi. Il faut arriver tôt pour avoir une place sur le parking municipal au centre touristique de la ville. Sinon il faudrait aller au camping et venir en ville en taxi. Le parking est presque déjà plein, mais nous avons une place près d'un gros camion qui ne bougera pas de là. Nous nous rendrons compte qu'il s'agit d'un dépôt pour les produits laitiers Danone. Mais pas de problème de bruit car la réfrigération ne fonctionne pas.
Essaouira nous apparaît comme une ville très accueillante et mignonne petite ville de villégiature. C'est propre et bien entretenu, d'autant plus qu'on attend la visite du roi mercredi prochain. Il n'y a pas de gamins pour nous harceler. Cependant, un vendeur de pastilla et un vendeur de gâteaux nous offrent leurs produits à chaque fois qu'ils nous voient. Il y a aussi les deux mendiantes de service ainsi qu'un type qui offre de laver les CC à des prix défiants toute concurrence, vers le haut. Mais au bout d'un certain temps ils comprennent que nous sommes des irréductinbles.
Visite de la médina, des skalas et des nombreuses boutiques consacrées à la spécialité d'Essaouira, la marqueterie de thuya avec incrustation souvent en bois de citronnier.
Le samedi 14 février 2004
Essaouira Hier nous croyons le parking plein. Il n'en n'est rien car des voitures, des 4X4 équipés pour le désert, des CC arrivent et les gardiens parviennent toujours à casser davantage de véhicules. Ils n'hésitent, à quatre, à soulever les voitures pour les coller sur les voisines pour gagner une place par-ci par-là.
Comment les gens pourront-ils entrer dans leur voiture?
Aujourd'hui nous refaisons le tour des boutiques des artisans ébénistes. Nous avions vu un joli guéridon. Mais transporter cela en avion n'est pas réaliste. Nous craquons pour une sculpture en thuya. Le prix est " fixe ". Mais en marchandant serré, nous allons chercher un 20% de réduction.
Cet après-midi c'est la finale de la coupe d'Afrique de Football (soccer) entre la Tunisie et le Maroc.

La vie est au ralenti. Tous les Marocains sont devant la télé. Il y a des rassemblements devant des postes posés sur le trottoir devant certaines boutiques. Les hommes et les enfants sont assis écoutant religieusement le match. On est un peu inquiet car si le Maroc gagne, ce sera la fête : les défilés de voitures avec klaxon, les sifflements, les femmes qui crient … Heureusement pour nous, le Maroc a perdu. Les gens ont la mine basse, ils sont assis devant leur poste presque hagard. C'est le calme plat dans la ville. Nous dormirons bien.

Ce soir nous mangeons un très bon couscous au joli restaurant Vivaldi. La musique de fond est un excellent choix de jazz très feutré.

Le dimanche 15 février 2004
Nous quittons Essaouira. À la sortie du parking, il faut payer la dernière journée. Un gardien que nous n'avions jamais vu, me demande un bakchich (pourboire). " Si vous voulez c'est bien, si vous ne voulez pas c'est bien aussi ". Comme il ne m'a pas donné de reçu cette fois-ci, je lui réponds. " je viens de vous en donner un de 20 DH ". Il sourit et comprend que j'ai compris.

Nous revenons un peu vers le sud afin de faire le plein d'eau. Grâce aux informations recueillies au près des très nombreux policiers, dans un tout petit village, nous trouvons une fontaine directement reliée au réseau d'aqueduc. Des femmes sont en train d'y faire leur lavage, d'autres viennent aussi chercher leur eau potable, certaines avec des bidons, un vieux monsieur avec des sceaux. Le débit est très bon. Nous nous servons chacun à notre tour. Les gens sont sympathiques. Puis nous reprenons la route vers le nord et traversons Essaouira en passant par des quartiers nouveaux.

Ce midi nous faisons une pause dans le petit village de Moulay Bouzerktoun, très populaire auprès des surfeurs (sur l'eau). Sur le parking, face à la plage, il y a quelques CC, mais surtout un très grand nombre de chiens errants. Notons en passant que les chiens errants sont une caractéristique des pays musulmans. En effet, ils n'osent s'en débarrasser, je crois que le chien est considéré comme impur, sale, il semble qu'ils en aient peu à la maison. Donc ici, il y a au moins une douzaine de chiens qui rôdent autour de nous. Comme partout précédemment, ils ont l'air très paisible. Dès ma descente du CC, il y en a deux qui sont déjà installés près du pneu avant gauche, au soleil. Ils ne bronchent pas. Mais il y a aussi les gamins qui ont toujours quelque chose à réclamer ou à vendre. À peine suis-je descendu du CC que deux d'entre eux se précipitent vers moi. Mais sitôt qu'ils aperçoivent les chiens, ils sursautent, retraitent en courant. Puis on les voit revenir au loin, par l'arrière. Une nouvelle tentative. Dès qu'ils franchissent une barrière virtuelle, à une trentaine de mètres, les chiens se mettent à aboyer et nos gamins retraitent à nouveau. Le manège se répète d'un côté ou de l'autre, pendant près d'une demi-heure. On a finalement la paix : pas de gamins et des chiens qui ne pensent qu'à dormir au soleil. On peut tenter une explication. Entre temps on a vu un CC d'Allemands donner du pain aux chiens, tout comme Chantal l'avait fait près de Sidi Mohammed. De plus on a vu les gamins lancer des pierres aux chiens, tout comme ils le font aux CC qui ne leur achètent rien … Alors peut-être que les chiens se disent les CC sont bons pour nous, protégeons les.

Nous nous arrêtons dans un village de villégiature et de pêcheurs : Souira Kedima. Il y a de nombreuses villas de toutes tailles, très propres, bien entretenues. Le port de pêche est bien abrité et il y a des installations toutes neuves. Cependant, le village de pêcheurs est un des plus sales que nous ayons vus. Il est jonché de déchets. Quel contraste!
Nous stationnons sur une grande place face à la plage. Aucun enfant ne vient nous déranger. Quelques familles marocaines viennent s'y balader.
Le lundi 16 février 2004
Nous continuons vers le nord. La route longe la mer, parfois à 1 km. Nous pouvons voir de très belles plages. Puis nous arrivons à Safi, ville portuaire d'où on exporte de très grandes quantités de phosphate. D'immenses usines crachent des fumées (toxiques) et surtout on voit l'équivalent d'une petite rivière de résidus du phosphate (acide sulfurique) qui se déverse ostensiblement dans la mer

.

À la sortie de Safi, à Sidi Bouzid, la vue sur la mer et les plages est magnifique. De nouveaux édifices ( école d'administration et école de technologie des pêches) sont très modernes et absolument splendides.
Puis nous nous arrêtons à Oualida pour le repas du midi. Nous ne sommes même pas encore stationnés que des vendeurs de poissons se précipitent vers nous comme des mouches sur de la viande avariée. Ils se disputent même entre eux.
Chantal y met fin en disant " C'est moi qui choisis" Après négociation, pour 50 DH (8 $ CND) nous achetons des araignées de mer, une espèce de crabe que notre vendeur et un collègue nous font griller sur charbon de bois. C'est délicieux. Puis, un peu plus loin sur la route nous nous arrêtons près d'un parc à huîtres où il y a aussi un resto. Nous achetons pour ce soir. Pas de négociation sur le prix, mais on nous dit qu'on en mettra un peu plus. Sur 3 dz, nous en aurons 2 gratuites. Mais aussitôt servi et payé, la patronne nous quémande des trucs pour les enfants. Pourtant, elle est richement vêtue, les installations sont impeccables ! Ils ne sont pas pauvres.

Cela de vient de plus en plus lassant. Ils ne sont jamais satisfaits. Si on vous réclame que vous donnez, ils reviennent à la charge. SI vous payez plein prix, c'est pareil.

Toujours en remontant on arrive au port de Jorf-Lasfar, un grand port de mer mais aussi un important complexe industriel : chimie, phosphate, usine thermique, raffinerie. Le ciel est obscurci par la pollution. Ça prend au nez et à la gorge. Safi nous semble maintenant petit du point de vue de la capacité de pollution.

Puis nous nous arrêtons à El Jadida, une station balnéaire qui nous apparaît en nette perte de vitesse. En effet, nous stationnons face à une plage magnifique. Mais derrière nous deux immenses hôtels abandonnés. Il y a même un dromadaire qui broute dans le jardin de l'un d'eux. Sur la plage, des jeunes, jouent au foot ou au volley-ball. Des groupes sont même mixtes, garçons et filles jouant ensemble. C'estla première fois que nous voyons cela au Maroc.
Un jeune d'environ 16-17ans me quémande ( encore!!) un DH. Il est très bien vêtu. Après lui avoir demandé s'il savait compter, je lui explique combien il m'en coûterait pour donner un DH à chaque enfant qui nous en a réclamés. Puis je lui explique que je suis un pauvre retraité et que c'est lui qui devrait m'en donner. Il part, décontenancé.

Peu de temps auparavant une française d'un cc garé non loin de nous a donné des bonbons à de jeunes Marocains. Nous avons tenté de lui expliquer que ce geste fort gentil de sa part engendre surtout des problèmes et pour les Marocains et pour les touristes. Si on ne donne rien, les jeunes sont frustrés, voire même agressifs, et pour les touristes, le harcèlement devient lassant. Donner montre aux jeunes qu'ils peuvent obtenir facilement quoi que ce soit, sans travailler, sans faire d'efforts. À l'adolescence, à l'âge adulte, ils ne réclament plus des bonbons, mais des cigarettes, du vin, de l'argent, des vêtements.

Le mardi 17 février 2004
Nous visitons la vieille ville portugaise, ses remparts, et surtout la citerne absolument charmante. Elle est beaucoup moins grande et travaillée que celle d'Istanbul, mais son éclairage lui confère un charme unique.
En suivant la route côtière vers Casablanca, nous trouvons finalement un sentier agricole qui nous permet de s'approcher de la plage.
Un CC allemand nous y retrouve bientôt, avec une chienne en chaleur.
Cela a pour effet d'attirer rapidement les chiens errants du voisinage. Heureusement il n'y en a que deux. En soirée, alors que les chiens aboient, l'Allemande les éclaire avec une lampe de poche et les chiens prennent la fuite. C'est un truc à retenir.
Le mercredi 18 février 2004
Nous remontons vers Casablanca et nous arrêtons visiter la mosquée construite par Hassan II. C'est la troisième plus grande mosquée au monde après La Mecque et Médine inaugurée en 1993. Elle peut accueillir 25 000 fidèles. C'est un véritable chef d'œuvre. Très différente des mosquées turques, de l'extérieur vu sous certains angles, elle a des allures de pagode. À l'intérieur parfois elle rappelle les grandes cathédrales. Elle a été construite par un architecte français, ami du roi. À notre avis, c'est le plus beau monument vu au Maroc.

Tout reflète le bon goût : la délicatesse des zelliges, la beauté des stucs et arabesques, tout est harmonie. Le peuple a contribué à la construction de cette mosquée. À l'entrée des souks, des hommes percevaient des taxes dans les régions pauvres. Les fonctionnaires, aussi, ont été mis à contribution : environ un mois de salaire, le montant sur une base volontaire.

Petite altercation avec le gardien du parking. J'avais compris que le tarif était de 5 DH. Il en veut 10 DH pour à peine plus de 2 heures. Il ne lâche pas. De plus je me rends compte que pour les voitures marocaines, c'est 3 DH avec un reçu. Enfin, il ne nous a pas donné de reçu! Comme nous avons été envoyés là par son copain, le policier au coin de la rue, il est difficile d'argumenter. Nos amis eux paieront 5 DH.

Puis nous continuons vers Rabat en nous arrêtant à une usine qui fait le remplissage des bonbonnes de gaz propane. Pas de chance c'est la pause repas. Il nous faut attendre plus d'une heure, pour nous faire dire que notre bonbonne française est trop vieille. Pourtant elle est en excellente condition tandis que nous voyons des bonbonnes marocaines toutes cabossées, fortement rouillées qui répondent aux normes. D'un camion garé non loin de là, rempli de bonbonnes, nous parvient une odeur de gaz. Et ces bonbonnes répondent aux normes!! De la rigolade. Nous continuons vers un autre site. Là pas plus de chance, car cette fois, l'usine ne transige qu'avec des détaillants ou des grossistes. On ne peut payer comptant, il faut un bon de remplissage d'un marchant agréée. Le gérant de l'usine se confond en excuse, nous propose des fournisseurs alternatifs, plus loin.

Nous rendons au camping de Salé, en banlieue de Rabat non sans faire un arrêt au super marché où Chantal se fait inviter, pas moins de deux fois, à manger dans des familles marocaines.

Le jeudi 19 février 2004
Journée de corvée : lessive, lavage du CC, etc..

Le vendredi 20 février 2004
Ce matin, pour la première fois il a plu un peu. Nous traversons, en barque, l'oued qui sépare Salé de Rabat : coût 1,5 DH (0,25$). Visite de la kasba et nous nous rendons chez une dame qui nous a invités pour le couscous ce midi. Surprise, toute sa famille est là : son fils, ses trois sœurs et les enfants et le mari de la plus jeune. Tout le monde parle très bien français. La dame, sa sœur et le mari de la sœur sont des profs de math au niveau collège, c'est à dire l'équivalent des 4 premières années du secondaire au Québec. Ils ont même été formés à la fin des années 70, début 80 par des professeurs québécois.

Il est très intéressant de faire la connaissance d'une telle famille. Après un moment de causette, on est invités à se laver les mains, puis on passe à table. Un seul grand plat immense est placé au milieu de la table ronde. Chacun y pige à l'aide d'une cuillère et/ou de ses doigts.

Le retour au camping se fait sous la pluie.

Maroc... l'Atlas
en Portugal
Version italienne
coin français
Copyright © campereavventure
Tutti i diritti riservati - All Rights Reserved - Tous droits réservés.
home