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Maroc
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Texte et photos de Chantal et Michel
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Dernière aventure de Chantal et Michel: cette fois ils ont choisi le chaud du Maroc au lieu des -35° de température de leur Canada. Les voici donc au premier de janvier du nouvel an 2004 débarquer en France et traverser l'Espagne pour rejoindre la cote africaine! On attend toujours avec plaisir des nouvelles de ces deux aventureux canadiens...bonne lecture!!" |
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Le jeudi premier janvier 2004
Le départ a lieu hier, le mercredi 31 décembre. Nous étions très tôt à l'aéroport, trop tôt. Erreur de lecture de ma part. Le départ avait lieu à 17 heures et non 19 heures. Par contre nous avons pu changer nos places pour des sièges près des issues de secours, où nous avons plus de place pour les jambes. Le vol avec BA se passe très bien, mais rien de spécial pour fêter la nouvelle année. Arrivée à Londres à l'heure prévue, 7h Notre correspondance pour Nice est à midi. La longue attente est agrémentée d'une fausse alarme de feu. Personne ne s'énerve. On dirait qu'ils ont l'habitude. Cela nous permet de nous rendre compte que les issues de secours sont verrouillées! Arrivée à Nice à l'heure prévue, en même temps qu'un avion turc. On prend la mauvaise file pour passer le contrôle des passeports. On passe les derniers. Ça n'a jamais été aussi long en France c'est-à-dire environ 15 min. Évidemment pour qui est passé à Dorval, ce n'est rien. Mais il manque une valise. C'est bizarre car trois autres valises ont suivi et il y avait amplement de temps pour le transfert à Londres. On nous annonce qu'elle sera sur le prochain vol, celui qui arrive à 19h. Un ami, Gérard vient nous cueillir et nous emmène au camping-car. Nous commençons à défaire nos quatre valises. Puis avec lui nous allons récupérer la valise manquante. Nous prenons le repas du soir dans la famille de Gérard. Au moment d'aller au lit, nous faisons le décompte : nous avons dormi 2 h en 33 h. |
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Arrêt à
Marseille chez le frère de Chantal. Théoule-sur-mer |
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Le samedi 3 janvier
2004 |
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Lorsque nous sommes sur l'autoroute, en direction de la mer nous ne voyons que du béton, des édifices très hauts, presque des gratte-ciel. Vu de loin, il y a plus de grues que d'arbres. Malgré tout, lorsque nous entrons dans les villes et nous nous faufilons dans les rues, nous constatons qu'il y a pourtant des plantes et des arbres. |
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La traversée semble se faire sans problème. Mais, à l'arrivée le traversier ne se place pas dans le sens prévu. Maintenant, les camions remorques doivent descendre les premiers, en marche arrière. Les manuvres sont compliquées car l'espace est minime. Il semble que la croisée d'un pétrolier d'un peu trop près ait endommagé la porte arrière du traversier. On n'en saura pas plus, laissant place à toutes les hypothèses plus farfelues les unes que les autres. Pendant la traversée, un aide-cuisinier se départit de trois sacs bleus (des poubelles) et des bidons d'eau de plastique. Pauvre mer Méditerranée! Durant notre voyage, nous comprendrons qu'une telle pratique de se délester de ses poubelles est fort répandue au Maroc. Souvent en bordure des routes, nous voyons des dépotoirs à ciel ouvert. Tanger étant une ville très populeuse, formalités longues mais sans problèmes à la douane. Premiers contacts avec des hommes qui se précipitent pour aller faire les formalités è notre place. Nous décidons de coucher dans un camping au Cap Spartel. Cela nous permet de passer devant une des résidences royales et dans le quartier très riche de la ville. Les maisons y sont opulentes. La vue sur la mer et les plages en contre bas est magnifique. Des travaux d'éclairage sont en cours. Les tranchées pour les fils électriques sont creusées au pic et à la pelle. Les hommes travaillent avec énergie. Au camping, nous essayons de négocier les prix. Paradoxe, plus on négocie, plus les prix montent. L'arrivée d'un CC italien et un front commun permettent de replacer un peu les prix. |
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J'achète aussi une puce marocaine pour mon téléphone cellulaire. C'est beaucoup moins cher que d'utiliser l'itinérance internationale (roaming). Ça marche. Mais, nos amis français ne peuvent nous téléphoner. Pourtant on fait des tests avec des Marocains, j'appelle au Québec. Le problème persiste. Mystère! On se rend à Chefchaouen une charmante petite ville à flanc de montagne dans le Rif. Elle est toute blanche et les portes peintes en bleu. Promenade dans la médina, thé à la menthe sur une petite place. Premier contact avec le Maroc, dépaysement. Jusqu'ici au Maroc les gens sont très accueillants. Ils nous saluent, nous souhaitent la bienvenue, sans jamais nous proposer quoique ce soit, sans arrière-pensée. Ils répondent avec empressement à nos demandes de renseignements. Nous nous sentons en sécurité |
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On prend la route vers l'est, le long du Rif. Dans cette région, la culture de cannabis est permise, mais, en principe, pas son trafic. C'est une région de montagne, très belle. |
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La route est très
accidentée et parfois en bon état. Cependant, tout au long
de la route, on voit de jeunes hommes qui attendent en bordure. Lors de
notre passage, ils nous font des signes de la main comme s'ils fumaient.
Parfois on nous montre des cocottes de cannabis. On se fait suivre par
des voitures qu'on laisse passer. Puis elles s'arrêtent et lors
de notre passage, le conducteur nous fait signe. Lors des croisements
de voitures, on nous fait des appels de phares et des signes de la main.
Non, ce n'est pas pour nous souhaiter la bienvenue comme en Turquie, mais pour nous signaler un nouveau point de vente de droite. À un moment donné, une mobylette toute neuve immatriculée à Marseille ( sans doute volée) tente de nous séparer de nos compagnons de voyage qui nous précèdent. Je ralentis et attends une montée où je le double et le sème sans peine. Il est très clair qu'on nous offre du kif (canabis). Presque toutes les voitures sont de grosses Mercedes. La concentration est même plus élevée qu'à Saint-Pétersbourg. Par contre elles sont moins récentes. Les affaires sont bonnes. |
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Enfin un barrage de police. Ça
fait sûrement 75 km que nous n'en avons pas vu. Nous nous arrêtons
pour nous informer où nous pouvons passer la nuit. Le policier est
peu rassurant "C'est très dangereux ici" Il nous suggère
l'hôtel de la ville voisine. On y arrive à la tombée
de la nuit. Nous sommes à Ketama, plaque tournante du trafic
de la drogue, avons-nous lu par la suite dans un guide touristique. L'hôtel
n 'est pas très invitant, nous poursuivons notre route. Un autre
policier nous dit qu'à 8 km, il y a un autre hôtel. Nous espérons
que celui-ci sera convenable et plus sûr. Il y a un mur et un immense
portail en acier. Dès que nous nous arrêtons, un homme se précipite
à notre rencontre. Je lui demande le prix pour le parking. 10 dirhams
(1,50$ CND) Marché conclu. Il nous ouvre le portail et nous nous
garons sur le seul espace plat et horizontal. Ouf, un endroit pour passer
la nuit!
Après notre repas, nous allons à l'hôtel pour un thé à la menthe. Nous devons passer par le garage situé sous l'hôtel. Il est rempli de grosses Mercedes poussiéreuses. Suite à une question de Chantal, le gérant nous explique qu'elles appartiennent à des hommes qui travaillent dans la montagne où il n'y a que des pistes. Ils doivent donc laisser leurs voitures ici. Ce ne sont probablement pas de pauvres bergers! Nous apprenons que ce parking est gardé la nuit. Nous pensons alors être tombés dans un hôtel appartenant aux caïds de la drogue de la région. Nous sommes à 1400 m d'altitude. La nuit est tombée. Il fait froid. Mais, l'hôtel n'est pas chauffé. Alors que nous dormons, nous entendons klaxonner à plusieurs reprises. Puis le portail s'ouvre et une voiture vient se garer près de nous. C'est une Peugeot relativement récente. Le système d'alarme est enclenché. Mais celui-ci se déclenche tout seul de façon aléatoire. N'en pouvant plus je décide de demander au gardien de régler le problème. Celui-ci et le gérant tentent d'ouvrir la voiture pour débrancher la batterie. Ils se résignent finalement à réveiller le propriétaire. Ce dernier, un habitué de l'hôtel, tient mordicus à laisser son système en marche, malgré le portail et le veilleur de nuit. Pourquoi? Pourtant le déclenchement ne semblait pas l'inquiéter. Ils décident de mettre la voiture au garage. Mais, celle-ci refuse de démarrer. On doit la pousser. Au garage, le système se déclenche de temps à autre. Mais comme le bruit est considérablement atténué, nous pouvons enfin dormir. |
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Arrivée à Fès Dès notre arrivée, nous prenons rendez-vous avec un guide officiel pour le lendemain, même si le camping tente de nous refiler un " faux " guide de leur cru. Au Maroc il faut continuellement être sur nos gardes. Il y a un problème réel de faux guides, plus ou moins compétents qui ne cherchent qu'à amener les touristes chez des revendeurs de tapis, de babioles ou chez des restaurateurs. Ils touchent alors une commission variant de 30 à 50%. Évidemment, les prix sont alors conséquents. De plus ces guides sont beaucoup plus motivés par leurs gains possibles faits chez des commerçants que par les besoins du touriste. Les différents guides (Routard, Néos, ) suggèrent de faire une balade au tour des remparts de la ville au coucher du soleil. On ne peut faire venir un taxi par simple appel téléphonique. Il faut le héler dans la rue. Mais près du camping, les seuls grands taxi que nous voyons sont pleins. Nous marchons jusqu'à un barrage policier, très fréquent au Maroc, mais où cependant nous ne sommes jamais inquiétés. Nous demandons à l'un des policiers comment faire pour avoir un taxi. Il nous dit " Un instant , je vous en trouve un" Le premier qui s'arrête est en sens inverse et il a un passager. Le policier lui parle. Le taxi fait demi -tour et nous fait monter. Cependant le policier prend en note son permis de conduire et nous voilà partis. Le passager parle français et nous sert d'interprète. |
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Puis nous visitons l'ancienne
ville romaine de Volubilis, site inscrit au patrimoine mondial
de l'Unesco en 1997. Ce site est renommé pour ses nombreuses
mosaïques qui ornaient les demeures...
Nous nous installons au camping de Meknès. Ici, les Français en camping-car forment 90% des campeurs. |
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Ifrane est une magnifique station touristique de style alpin qui a été construite par les Français... Le roi y a une de ses nombreuses résidences. Un peu plus loin nous voyons une petite station de ski. Mais il y n'a pas assez de neige. Les paysages sont magnifiques. Nous passons plusieurs cols à plus ou moins 2200 m d'altitude. Des riches vallées agricoles près de Meknes, on passe à des forêts de cèdres et ensuite à des hauts plateaux quasi désertiques. On voit de plus en plus de troupeaux de moutons. Parfois on se demande ce qu'ils mangent , car on ne voit que de la roche. Certains paysages nous font penser aux films western. Dans ces régions, les maisons sont faites de pisé, c'est-à-dire de la boue mélangée à de la paille puis séchée. Mais, petits désagréments, à partir de Midelt et plus au sud, dès que l'on s'arrête des enfants viennent réclamer. Les adultes cherchent à nous vendre des fossiles et des babioles. Ils insistent au point d'être désagréables. Afin de ne pas être importunés, nous nous arrêtons à un " hôtel" où nous demandons de nous arrêter pour la nuit. Le propriétaire qui est institeur nous offre le parking gratuitement. Il nous fait visiter son établissement et nous offre le thé. Puis nous convenons de manger avec lui et sa famille un couscous demain midi. |
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Le dimanche 18 janvier 2004 Col du légionnaire La nuit a été très froide : environ 0 C. Ma bonbonne de gaz principale s'est vidée. |
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Au petit matin, j'ai dû raccorder la seconde bonbonne. Visite d'une kasbah abandonnée. Visite d'une huilerie traditionnelle. Repas à la kasbah Jurassic. Excellent couscous marocain, seulement le maître mange avec nous. La femme qui a préparé le repas mangera toute seule après nous. Route vers la Source bleue de Meski. Nous suivons les gorges de l'oued Ziz. Il y a un barrage pas très loin. Mais le réservoir est quasiment vide. |
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Arrêt à Errachidia pour acheter du propane. À l'usine de remplissage, on nous explique que leur usine est mécanisée et ne peut traiter que les bonbonnes de 35 kg. Les nôtres sont de 13 kg. On nous envoie chez M. Gerrari. On doit se renseigner à quelques reprises. En effet, à la porte il n'y a aucune indication sauf l'interdiction de fumer. Il ne fait pas le remplissage. Mais après discussion, il accepte de nous ventre le contenu d'une bonbonne et nous permet de faire le transvidage. On entre les CC dans son enclos et à l'abri des regards, on s'installe pour effectuer l'opération. C'est tout de suite un attroupement des employés et des membres mâles de la famille. Ils nous suspendent la grosse bobonne à une échelle, on procède au transvidage. Évidemment, nous n'avons pas besoin de tout le contenu et nous en laissons une bonne part. Cela n'empêche pas les enfants de quémander des stylos et des bonbons. Ce que nous n'avons pas. Et je fais remarquer à l'un eux que je viens de laisser une somme coquette à son père ainsi qu'un bon fond de bonbonne. Nous nous arrêtons quelques km plus loin au camping de la Source bleue de Meski. Beau camping dans une palmeraie. |
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Avant de repartir, nous visitons la source. Gérard nous fait remarquer que le niveau est considérablement plus bas qu'il y a deux ans. Pourtant nous sommes en hiver. On constate un peu partout que le pays souffre vraiment d'une sécheresse importante depuis quelques années. Il y a maintenant une route qui part de Rissani jusqu'à Merzouga. Nous n'aurons que quelques km de piste à faire. Le frère de l'aubergiste Océan des dunes nous attend à l'embranchement avec sa mobylette. Nous n'avons qu'à le suivre. Les dunes sont maintenant justes devant nous, à quelques centaines de m. C'est grandiose. À l'arrivée
il y a déjà 4 CC français. Un CC allemand qui était
juste à côté de nous au camping de la Source bleue
de Meski arrive bientôt après la piste. Mis à part
nous, ce sont tous des habitués de l'endroit. L'accueil est chaleureux.
Grâce à notre ami Gérard, nous planifions des excursions
pour les prochaines journées. |
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Le mardi 20 janvier 2004 Ce matin nous nous levons très tôt pour faire une excursion à dos de dromadaire afin de voir le lever du soleil sur les dunes |
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La nuit a été glaciale et le vent n'a cessé que très tard. Cependant, riches de l'expérience de la veille, nous avons fait une lessive, mis quelques vêtements à sécher dans le CC. Nous avons donc moins souffert de la sécheresse. Le thermomètre est tombé à -2 C. C'est glacial. Je mets mes collants de ski, la tuque, etc. On se console en pensant au -32 C qu'il fait au Québec depuis une semaine. La balade à dos de dromadaire est très agréable. |
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Ces animaux ont une démarche
assurée mais bien flegmatique qui leur permet de couvrir de longues
distances. Nous devons cependant faire à pied les derniers mètres
à pic. Monter des dunes est beaucoup plus fatigant que monter une
colline enneigée. Lever de soleil magnifique. Les dunes de sable
offrent des teintes fort différentes selon les périodes de
la journée. Elles peuvent être d'un orangé soutenu,
d'une couleur douce tirant sur l'abricot. |
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Balade autour des dunes dans un taxi collectif (dolmus). Nous sommes trois couples : un couple de Français, un couple d'Espagnols parlant très bien français, nous, un guide (le frère du propriétaire du camping) et le conducteur. Premier arrêt
dans un petit village où des Berbères noirs jouent de la
musique traditionnelle essentiellement à l'aide de tambours et
de maracas en cuivre. Alors que nous sommes sur place, deux 4X4 de Portugais
arrivent à toute vitesse. Les passagers descendent, séances
de photo et film, pourboire et ils repartent presqu'aussi vite. Nous les
voyons foncer à toute vitesse sur la piste soulevant des nuages
de poussière. L'étape suivante est en plein reg. C'est une mine abandonnée. On voit au loin une caserne militaire. En effet, cette région est située à moins de 40 km de l'Algérie avec qui le Maroc a un différent territorial. Puis nous nous arrêtons près d'une tente de nomades. Nous croyons que notre chauffeur les connaissait. Il n'en est rien. Il y a deux jeunes femmes deux jeunes femmes sont seules avec les jeunes enfants. Elle semble bien contrariée. Nous sommes vraiment des voyeurs sans vergogne. Nous sommes très mal à l'aise. De loin, nous voyons deux autres petites filles accourir à travers les cailloux, nus pieds, à peine vêtues alors qu'il ne fait même pas 10 C. Elles viennent quémander, elles aussi. Cette halte nous permet cependant de réaliser dans quel dénuement ces gens vivent dans une contrée si hostile où la terre ne produit que des cailloux!! Les hommes sont partis plus au sud ramasser des ammonites dont les touristes raffolent. La tente faite de poils de chèvre et de chameau n'abrite que quelques couvertures au sol dans la section des hommes!! Au Maroc, les enfants, même grands, qui quémandent sont une véritable plaie. Et ils sont nombreux. Dès que l'on s'arrête, une horde d'enfants se précipite. D'où sortent-ils? En quelques secondes tous les enfants du village sont au bord de la route et courent en suivant le camping-car. "Madame bonbons stylo dirhams " Si on refuse, il faut être prudent car des cailloux peuvent être lancés. Il faut dire que nos Espagnols font justement partie des gens qui ont instauré ce genre d'attitude. Dans les sections de route plus délicates, dans les pistes, les enfants vont au-devant du camping-car et enlèvent quelques cailloux espérant être rétribués par leur aide. Certains sont de véritables comédiens, si on ne les regarde pas, ils attendent, nous observent et dès que notre regard s'oriente vers eux, le même ballet reprend. |
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