Tunisie

par Chantal et Michel 2005

2^ ep.
Lundi le 3 janvier 2005

Fouillis au port,
Il faut confirmer notre enregistrement. Pas de file d'attente, mais la cohue Rien n'indique à quel guichet il faut aller Une seule personne pour tamponner tous les billets Des numéros … inutiles Personne ne nous a dit qu'il fallait faire tamponner nos passeports Le bateau part avec trois heures de retard

Dès le départ, le bateau est d'une saleté répugnante comme on a jamais vu.  On dirait que les toilettes n'ont pas été entretenues depuis des semaines, pas de papier, pas de savon, pas de serviette, de la merde sur les bols de toilette et même par terre, les urinoirs pleins et bloqués, de l'urine sur le plancher.  Les toilettes des femmes ne sont pas mieux.

La mer est très mauvaise, beaucoup de personnes ont le mal de mer, que je finis par avoir aussi. L'arrivée à Tunis : plusieurs étapes de paperasse, mais les douaniers et les policiers sont très accueillants.  Grâce à des informations des policiers, on couche sur un parking, juste à la sortie de la zone sous-douanes.
Mardi le 4 janvier 2005

On se dirige vers Tunis.  La route et l'entrée de la ville sont très propres.   Il y a plusieurs édifices très modernes et très beaux.  Nous nous arrêtons à l'office du tourisme.  Mais comme à beaucoup d'endroits dans les pays européens, aucun espace de stationnement n'est prévu.  Nous voyons des militaires arrêtés dans un endroit interdit. On se stationne derrière eux sans problème.

Puis on se rend dans un grand parking.  L'employé tente de nous arnaquer et nous demande 10 dirhams ( 10 dollars canadiens).  Le prix est démentiel.  Mais comme on a déjà vu ce genre de manœuvre, on se renseigne et on refuse de marcher.  Il doit finalement nous faire le prix normal et nous donner un ticket.

Un individu essaie de nous racoler pour nous entraîner dans la médina,là où il veut, c'est-à-dire vers des magasins appartenant à ses connaissances. Il nous fait croire que nous étions sur le même bateau, ne cesse de dire que le chef, le « capo », moi en l'occurrence est bien gentil, etc… On sent la manipulation.
Il nous entraîne dans des petites rue sans intérêt. Nous lui disons, presque à chaque instant, que nous ne voulons rien acheter. De guerre lasse, finalement et à notre grand soulagement, il nous laisse tomber et on peut enfin visiter correctement grâce au plan de la médina donné par l'office du tourisme.

Repas dans un resto recommandé par le Routard – bon mais pas transcendant. Cependant on nous offre les bricks gratis.

Visite de Sidi Bou saïd et d'une demeure bourgeoise ( à voir).  C'est magnifique. Ville toute blanche, villas cousues et portes et fenêtres soulignées d'un bleu lumineux. Pause thé au célèbre Café des Nattes.

Autre tentative d'arnaque de parking près de la plage.  Le préposé exige 10 $ pour passer la nuit, dans un endroit qui ne relève même pas de lui. Il ne peut nous donner un reçu correspondant à cette perception.  Avec un Belge, victime de la même tentative, nous lui disons d'appeler la police.  Il se replie et nous passons une nuit tranquille.

La première journée en Tunisie se solde donc par deux petites tentatives d'arnaque, un faux guide mais et surtout un ravissement pour Tunis et un coup de cœur pour Sidi Bousaïd ainsi que pour la gentillesse ( totalement désintéressée) des Tunisiens que l'on  croise dans les rues.
Mercredi le 5 janvier 2005

Finalement la nuit a été tranquille.  Nous repartons vers le Magasin Carrefour et aussi en quête d'eau.  À un carrefour giratoire, Chantal demande à un policier la route pour le grand magasin et en profite pour demander où trouver de l'eau potable pour notre CC.  Celui-ci demande à un jeune homme qui attendait là.  Mais il trouve difficile de nous expliquer et nous demande de le suivre.  Il enfourche sa moto BMW et nous ouvre la route tous clignotants allumés.   Près d'un chantier de construction se trouve un robinet.  Le policier s'enquiert au chef de chantier.  Pas de problèmes, nous faisons le plein.  Le policier refuse mon pourboire et nous explique qu'il est content de nous avoir dépannés. Et c'est très sincère. De tels gestes de gentillesse, nous les rencontrerons souvent en cours de route.

Le magasin Carrefour est le premier magasin de ce type à ouvrir en Tunisie.  Il y a même du porc.  Les prix sont presque français i.e. élevés pour nous, Québécois. Cependant, il n'y a pas la grande variété d'olives, condiments, épices que nous avons vus au Maroc. Les légumes ne sont pas frais. Les coupes de l'agneau ne nous ont pas emballés.

Nous faisons le tour de la péninsule du Cap Bon .  Rien de bien envoûtantant, les deux étoiles de Néos sont nettement exagérées à notre point de vue.

Avons couché à Nabeul près de l'hôtel Keops. Nuit calme, tranquille.
Il nous a été impossible d'avoir des indications auprès de l'office du tourisme pour passer la nuit. La jeune femme ne veut pas s'avancer et faire quelque recommandation que ce soit. Elle ne tient pas à se sentir  liée et responsable d'une éventuelle suggestion. Nous avions déniché un petit coin non loin de la mer et d'une plage, mais des passants nous ont fortement déconseillé de coucher à cet endroit.

Jeudi le 6 janvier 2005


Nabeul ( petite ville réputée pour  sa poterie) et Hammamet sont deux très importantes stations balnéaires du nord de la Tunisie.  Les plages y sont magnifiques, les hôtels gigantesques et luxueux. Dans les années 1930, Hammanet était le rendez-vous de l'intelligentsia européenne : Gide, Bernanos, Klee, etc…furent les invités d'un milliardaire roumain dont la maison inspira, par la suite, bon nombre d'hôtels.

Au départ, entre deux hôtels, près de la plage, bien situés, nous voyons une caravane de 19 CC italiens qui s'étaient posés pour la nuit.

Nous quittons la côte pour une visite de la ville sainte de Kairouan.  Il faut comprendre, ville de soldats islamiques qui vont tenter de convertir
 l'occident.   Elle fut, il y a plus d'un millénaire la ville la plus populeuse du monde.

Chantal achète une assiette.  Elle prend plaisir à négocier au point où un des vendeurs fâché l'a traitée de « mafioso ».  Les prix affichés sont totalement fantaisistes, voire exorbitants Il faut négocier dare-dare et surtout ne pas se laisser impressionner par le premier prix faramineux que lance le vendeur, uniquement pour tester son client.  Sur un article en particulier, nous avons payé le dixième du prix affiché.

Puis on revient à Monastir pour la visite de la forteresse ( ribat) et du mausolée de Bourguiba.  Il est fermé.  Un faux guide veut nous faire entrer par une porte dérobée.  Il s'attrape avec le gardien.  Ils en viennent aux insultes et à la bousculade.  Puis à l'extérieur, la police doit même intervenir.   Nous couchons dans un parking près du port de plaisance, de nombreux voiliers de taille imposante, des catas aussi sont installés. Nous apprendrons qu'aucun de ces voiliers n'appartient aux Tunisiens, mais ils sont tous la propriété d'Européens.

Vendredi le 7 janvier 2005

Visite du mausolée Bourguiba, beau, majestueux.
Visite de la petite ville de Mahdia .   Au parking payant, on reste coincés par une voiture  qui s'est placée derrière nous.   On se décide finalement à pousser la voiture.  Comme il n'y a pas de clé, on ne peut tourner le volant ce qui fait que la voiture reste en travers dans le milieu de la route pendant que nous manoeuvrons. Mais au même moment, il y a l'appel pour la prière du vendredi.  Soudainement le souk à proximité se vide d'un seul coup remplissant la rue de voitures de gens nerveux et très pressés d'arriver à la mosquée à temps.   Ils sont en double file, en sens inverse, c'est l'anarchie totale.  Mais dès qu'on a remis la petite voiture en place, tout rentre dans l'ordre.

Coucher à Gabes
Samedi le 8 janvier 2005

Nous descendons jusqu'à l'Ile de Djerba et y accédons via le bac.  Elle est réputée pour ses plages et sa température clémente.  Avec la région de Nabeul, c'est une destination très prisée.  On y voit même un 747.  À cette époque, plusieurs hôtels sont fermés.  On fait le tour de l'île, on dort à Aghir , seuls sur la plage .. ou presque car il y a, comme toujours en pays musulmans que ce soit au Maroc, en Tunisie et aussi en Turquie,  les chiens et les chats errants.
Dimanche le 9 janvier 2005

Nous filons maintenant à l'intérieur des terres, dans des régions de plus en plus désertiques.   Plus au nord, nous avions des plaines fertiles plantées d'oliviers.  Puis au fur et à mesure que nous descendons vers les zones désertiques, les oliviers deviennent de plus en plus espacés à cause du manque d'eau.   Passage par Tataouine , Ksar , Oueb Saltane , Genini , Douirette .
Coucher à Matmata  
Lundi le 10 janvier 2005

Nous prenons un guide au syndicat d'initiative de Matmata. Pour 12D visite d'une maison troglodytique, ensuite vue partielle  d'en faut d'un hôtel, vue d'un décor ( vraiment pas important) du film de la Guerre des étoiles ainsi qu'un pseudo musée.   En principe tout est inclus.  Mais on nous demande de l'argent pour photographier, pour  visiter le musée.  Durée totale, en marchant très lentement, 50 minutes.  
Nous commençons à avoir des réserves sur le syndicat d'initiative en général. À Kairouan , pour la visite de la ville  avec guide, il a fallu débourser 10 dirhams. À Matmata , pour pas grand-chose, visite éclair, 12 dirhams. De plus, le guide ne comprenait pas toujours bien nos questions. Les maisons en question sont excavées dans l'argile, sur plusieurs étages. Dans certains cas, ces maisons sont à une profondeur allant jusqu'à 20 m sous le sol.  Il y a toujours une cour centrale et circulaire à ciel ouvert.  Ces maisons présentent le grand avantage de toujours être à la même température.  C'est un très grand avantage l'été quand la temperature extérieure monte à près de 50 C .
On se rend à Douz , et on s'arrête au Camping du désert.  Nous devons faire de la lessive et on sait qu'il y a là une machine à laver.   Déception, elle est minuscule.  Le prix d'utilisation est inversement proportionnel à sa dimension, il faudra donc que tout le monde s'attelle à cette  corvée. Dans le camping, il y a ici d'immenses 4X4, 6X6,  un camion chargé d'un vingtaine de motos tout-terrains, tous italiens, mais aucun CC. Au moment de payer, l'employé, en me rendant la monnaie, se trompe et me remet  10 dirhams de trop. Je le lui fais remarquer. Il fallait voir son contentement. Pour lui, devoir rembourser cette somme aurait été exhorbitant, quand on sait que le salaire mensuel moyen varie entre 250 et 300 dirhams.

Mardi le 11 janvier 2005

On part en direction de Tozeur et Nafta .  On traverse un grand lac salé, le Chott El Jerid » en très grande partie asséché.   À Tozeur , on visite la palmeraie, l'une des plus grandes et des plus belles de Tunisie.  Puis on file vers Nefta .  On se renseigne sur les balades en dromadaire au syndicat d'initiative.  Mais on a compris, le syndicat d'initiative n'est pas un bureau d'information touristique, mais plutôt une agence de vente de services touristiques et à quels prix?!!.  Son but est de faire gagner le plus d'argent possible à ses membres et non de nous renseigner sur les différentes attractions.  Les prix sont non concurrentiels.  L'employé met en garde Chantal face aux prix que pourraient faire les chameliers pour une promenade en dromadaire. Il prend la peine d'écrire un mot au chamelier et de fixer le prix de la balade, nous garantissant soi-disant les meilleurs prix. Or, sur place, on a fait fi de son petit mot et on a négocié de bien meilleurs prix que ceux que le Syndicat d'initiative pouvait no us obtenir.

Balade agréable mais malheureusement, au moment du coucher du soleil il y a une petite bande nuageuse à l'horizon, ce qui masque les couleurs que nous aurions aimé voir dans le désert.  Comme tout bon guide, une fois notre dû payé, commence la réclamation de briquets, casquettes, etc.. Chantal et Philippe en profitent pour faire un peu de troc et se procurer des roses des sables.

De retour à Tozeur , nous couchons dans le parking du musée que nous voulons visiter demain.  


Mercredi le 12 janvier 2005

Visite du musée.  La caissière se trompe de 10D (10$ CND) en me rendant la monnaie.  Heureusement j'avais laissé toute la monnaie sur le comptoir le temps de vérifier.   Le musée est intéressant. On file vers Chebika , Mides , Moulares , Metlaoui .  On est à un pas de la frontière algérienne. On s'arrête visiter des gorges, des palmeraies très encaissées, des cascades, un petit village bordé de trois côté par des canyons profonds, … Sur recommandation des gendarmes, couché dans le parking de la gare à Metlaoui .

Jeudi le 13 janvier 2005

Balade dans le petit train «  Le lézard rouge » à partir de Metlaoui pour voir les gorges de Selja .  Comme nous l'ont recommandé deux employés, nous nous installons à l'arrière complètement, sur la plate-forme extérieure ce qui nous permet une vue panoramique. Le petit train rouge pousse des pointes jusqu'à 20 km/h . De plus il fait quelques pauses pour les photos dans les endroits les plus spectaculaires. On a donc le loisir d'admirer autant qu'on le veut. C'est fort joli .

Puis remontée vers le nord en passant par Gafsa , Kasserine , Le Kef , jusqu'au site archéologique de Dougga .  Durant cette remontée, nous passons du reg aux plaines fertiles, verdoyantes.  Dans cette région-ci, les routes sont d'une qualité inégale.  Certaines parties ont été refaites récemment et nous roulons sur du billard.  Plus loin nous nous retrouvons avec des voies réduites, sans accotement ou presque.

À l'arrivée au site archéologique, il n'y a personne.  On se stationne et une camionnette arrive.  Un monsieur, propriétaire du resto à proximité, en descend et m'explique que je peux passer la nuit ici.  Un des deux gardiens du site voudra peut-être nous chasser, même appeler la police, mais il ne faut pas l'écouter.   On peut rester sans problèmes. Jusqu'à maintenant, mis à part les incidents de la première journée avec les gardiens de parking un peu gourmands, les relations avec les Tunisiens sont parfaites.  Bien sûr ils nous offrent leurs produits, c'est normal, mais toujours de façon polie et modérée.  Dans le sud, quelques gamins nous ont demandé de l'argent, et des « caramels » (mot italien pour bonbon) mais jamais de façon menaçante ou insistante comme au Maroc.  Nous sommes ravis de l'attitude des locaux.  Ils sont toujours aimables, serviables mais réservés.

Beaucoup de personnes rencontrées nous saluent, nous souhaitent la bienvenue. Des voitures nous font des appels de phares, non ce n'est pas pour nous avertir d'un barrage policier ou d'une défaillance quelconque de notre véhicule, mais tout simplement pour nous souhaiter aussi la bienvenue.

Vendredi le 14 janvier 2005

Nous avons entendu tousser le gardien en plein milieu de la nuit, mais nous ne l'avons pas vu.  Au lever, il pleut.  Chantal et Philippe vont se balader sur le site archéologique de Dougga pendant que je mets de l'ordre dans mes textes.

Samedi le 15 janvier 2005

On remonte vers Tunis ,

Dimanche le 16 janvier 2005

Retour à Sidi Bousaïd , Philippe et Chantal négocient quelques bidules don't un tapis.  Prix de départ 450 D (450$ CAN) prix payé 80 D  Donc environ le sixième du prix de départ.  Comme nous avions vu des tapis de ce type, nous croyons le prix raisonnable.

Lundi le 17 janvier 2005

Départ de Philippe et arrivé de Frédéric et Julie.  Ils se croisent.  On

Mardi le 18 janvier 2005

Aujourd'hui, nous amenons Frédéric et sa copine à Tunis surtout pour la visite de la Médina. Pendant leur ballade, nous allons au cybercafé. Pas de chance, la ligne DSL est plantée. Nous attendons presque 2 heures en vain. De retour après le repas, ça fonctionne. Avec l'aide du technicien, nous réussissons à brancher notre portable. L'utilisation d'adresses privées, de Proxy, … compliquent sérieusement la chose. Malheureusement , le lien est tellement lent que nous ne réussissons qu'à lire quelques messages. Il n'est pas possible d'envoyer des pièces jointes. Au moins, nous réussissons à voir le site d'environnement Canada pour savoir qu'il fait ce matin –25 C à Montréal.

Nous emmenons nos passagers au Musée du Bardo. En ce milieu d'après-midi, la circulation est infernale. Mais les Tunisiens sont malgré tout courtois. La police nous aide à faire un virage à gauche interdit. Mais nous arrivons trop tard au musée. En début de soirée, un policier nous dit qu'il est défendu de passer la nuit dans le parking. Nous nous replions donc au parking près de l'information touristique et devons traverser à nouveau Tunis.

Mercredi le 19 janvier 2005

Il a plu cette nuit et ce matin au passage d'un front froid, nous avons de la grêle et même quelques flocons qui n'atteignent pas le sol. En quelques minutes, la température chute de 8C à 3C , ce qui est très froid pour ici. Nous prenons ensuite la direction de Nabeul et d' Hamamet . À la sortie de la ville, la circulation est infernale. En effet, demain c'est la fête du mouton et tout le monde fait route vers sa famille. Cette fête est la plus importante fête pour les Musulmans, un peu comme Noël pour nous. Les conducteurs sont nerveux. Ça circule à trois ou quatre voitures de large sur une route à deux voies. Il y a de longues files d'attente aux stations d'essence. Des coups de klaxon fusent de partout.

En voulant éviter l'autoroute, je me retrouve dans un petit village avec des rues étroites et boueuses parsemées de nids-de-poule. Il nous faut même faire marche arrière de plusieurs centaines de mètres afin d'éviter de s'embourber. Nous voyons plusieurs femmes, certaines en robe de chambre revenant probablement d'un bain public.

À Nabeul , nous couchons juste après le club Med fermé à cette époque. Cependant, nous ne sommes pas seuls. Il y a toujours quelques chiens errants « de service » (ie. en devoir).

Jeudi le 20 janvier 2005

Il y a eu une pluie diluvienne toute la nuit, les très forts vents forts soufflent toute la journée.

En traversant Hamamet , nous voyons plusieurs hommes se promener avec un long couteau de boucherie. Nous voyons aussi plusieurs familles en train d'égorger leur mouton. Il y a par terre des flaques de sang, des peaux de mouton retournées, des moutons dépiautés et suspendus par les pattes arrière, des têtes de moutons parterre. . Les familles et les amis se réunissent, immolent le mouton et le mangent ensemble. Cette fête est en l'honneur du sacrifice d'Abraham.

(
Aujourd'hui près de 400 000 moutons seront sacrifiés. Mais quelques uns échapperont au sacrifice . Notez qu'un beau mouton coûte environ 300 Dh soit près d'un mois de travail pour un employé moyen.
Nous retournons montrer Monastir à Frédéric et Julie. Puis nous rentrons à Tunis par l'autoroute pour la première fois. En cette journée de la fête du mouton, il y a très peu de circulation. Mais même sur l'autoroute, les Tunisiens ont la mauvaise habitude de circuler à cheval sur la ligne blanche,  Ils occupent deux voies. Quand on se fait doubler, il faut faire attention car ils se rabattent très rapidement. Il me faut parfois freiner pour éviter l'accident.

Vendredi le 21 janvier 2005

Nous avons encore dormi à Sidi Bou Saïd , sur le bord de la plage. Quelques jeunes sont venus prendre discrètement leur bière vers 21h. Après, mis à part le bruit des vagues, ça a été le calme plat.

Un peu après déjeuner, le policier de faction, à pied, est venu près du CC. J'ai discuté avec lui et pour la première fois il m'a demandé quelque chose : cigarettes, bière … Je lui ai donné une mignonnette de cognac. Il était très content.

Il y a du soleil, mais aussi du vent très fort.

Compte tenu de notre expérience lors de la traversée de Trapani à Tunis , nous nous sommes présentés longtemps d'avance au guichet de la compagnie maritime. Heureusement car il nous a fallu aller au bureau de tabac faire une photocopie de nos billets, puis la vérification de la liste d'embarquement, des passeports, tout ça a pris au total près de 30 minutes. Le bateau sera sûrement en retard à cause de la tempête. Après une longue attente car le bateau est en retard, nous montons à bord vers 21h. Nous aurions dû partir à 20h.

Au moment de monter, le chef nous annonce qu'à cause du mauvais temps : vent force 9 et mer démontée, nous ne partirons que demain. Je lui dis que nous coucherons alors dans le CC. Il n'en est pas question. Je lui explique que son bateau est une véritable soue, que nous ne pouvons passer 12 h sans aller aux toilettes. J'ai aussi des photos prises lors de notre traversée Trapani-Tunis. Je lui demande des cabines, il accepte. Les responsables des cabines et du confort des passagers sont très fâchés contre nous, car les patrons me demandent de leur copier mes photos. Je vous en ferai grâce, je ne les présenterai pas, mais je peux dire que nous n'avons jamais vu pareilles horreurs même dans n'importe quelle toilette publique.

Les cabines sont très correctes. Mais, il n'y a pas de savon et pas possibilité d'en avoir. Nous nous rendons compte que le pont des voitures n'est pas fermé et nous pouvons aller chercher ce qu'il nous faut.

Nous sommes très peu nombreux. Il y a à peine 12 voitures, 4 petits camions et deux gros.

Quelques réflexions personnelles sur la Tunisie

Les Tunisiens sont très gentils et en général très courtois et affables. Ils ne mendient ni ne quémandent. Ils sont même blagueurs. Quand on demande un renseignement, c'est avec le sourire qu'ils font tout en leur possible pour nous aider. Jamais les enfants nous ont importunés. Cela nous change de notre expérience marocaine. Jamais la nuit nous n'avons été importunés et avons fait du camping libre en toute sécurité.

La police est omni présente. Il y a un ou des policiers ou gendarmes à chaque carrefour, chaque entrée et sortie d'autoroute, devant tous les édifices officiels. La plupart du temps, même sur l'autoroute, ils sont à pied avec seulement leur revolver et leur Walkie Talkie. Quand ils nous voient arriver dans un rond-point ou intersection achalandée, souvent ils arrêtent la circulation pour nous faire passer.

Outre les forces de l'ordre en grand nombre, on peut faire une remarque semblable pour les balayeurs de rue.

Du côté propreté et environnement, on voit que c'est maintenant une priorité de la présidence. Chaque ville a son « boulevard de l'environnement ». Des efforts considérables sont faits pour qu'il n'y ait plus de déchets à la traîne. Les grandes villes, les sites touristiques sont impeccables. Bien sûr, à la campagne, dans certains petits villages reculés, le message n'est pas encore arrivé. Il y a une dizaine d'années, les champs à la campagne comportaient plus de sacs de plastique que d'herbe. Sauf de très rares exceptions, ce n'est plus le cas.

Comme au Maroc et en Turquie , il y a beaucoup de chiens et de chats errants. Ils ne sont pas méchants, mais parfois la nuit nous aurions le goût de l'être.

Nous n'allons pas dans les hôtels ou les campings, mais les infrastructures touristiques nous semblent impeccables.

Comme Occidentaux, une chose que nous remarquons beaucoup , c'est le statut de la femme. Il nous est difficile de connaître ce qui se cache derrière les apparences. Il est très rare de voir des femmes avec le foulard. Nous n'en avons vu qu'une seule être voilée. Toutes les autres sont habillées à l'occidentale. Plusieurs conduisent la voiture, même avec le mari assis à droite.

Dans chaque pays, la conduite automobile a ses petits travers qui nous semblent bizarres. En général les conducteurs respectent les règles de circulation. Mais ils ont la très mauvaise habitude de conduire à cheval sur les lignes de séparations des différentes voies. Cela permet de se mettre à trois ou quatre de large, quand il y a deux voies aux feux rouges. Il faut continuellement se méfier car ils déboîtent facilement. Si quelqu'un ne se met pas en marche instantanément à un feu vert, le klaxon se fait entendre. Les piétons ne se laissent pas intimider pas les voitures. Il est fréquent de voir un groupe d'écoliers, ou d'hommes faire et continuer la conversation en plein milieu de la route.

Les écoles sont souvent situées un peu à l'extérieur des villages. Il y a double horaire. Un premier groupe vient de 7h30 à 10h. Arrive alors un second groupe de 10h à 12h30. Puis le premier groupe revient de 12h30 à 15h et enfin le second groupe fait sa seconde session de 15h à 17h30. Les enfants sont très détendus à la sortie de l'école. L'éducation semble bien répandue.

Les écoliers et élèves de lycée ont une heure de français par jour. Ainsi, il est agréable et facile de voyager en Tunisie car beaucoup de personnes parlent bien français.

Les Tunisiens sont très discrets sur le régime politique. Mais, l'omni présence de la police et de la gendarmerie, les très nombreuses photos du président, le fait que chaque ville ait sa place du 7 novembre (date de la mise à l'écart de Bourguiba) et son boulevard de l'environnement, tout cela nous laisse croire que tout est sous étroit contrôle.

Quand il s'agit d'acheter les souvenirs, les articles touristiques, le marchandage est de rigueur car le prix est à la tête du client. De plus, un jeune nous disait que « les Français sont considérés comme avares ». Aussi, comme nous parlons français, les prix sont élevés. Cependant, il semble que les prix pour les Américains (très rares) sont encore plus chers. Chantal aimant bien « bargainer » (négocier), nous avons souvent réussi à diviser le premier prix par six.

carte routiére

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