sur la Route de la Soie

Aventure ou mésaventure ukrainienne

Rappel et petit complément

Texte et photos de Chantal et Michel 2008

 

Lundi le 11, en passant la frontière ukrainienne, nous tombons en panne.  Un message d'erreur apparaît au tableau de bord « Start error ».  Malgré tous nos efforts, impossible de redémarrer.  Nous avons dû finir les formalités en poussant le camping-car. On appelle notre assurance.  Ils nous envoient une remorqueuse, il est environ 18 heures.

Mardi matin toujours rien.  Finalement nos amis continuent la route.  Nous devrions les retrouver lors d'une prochaine étape.  On rappelle l'assurance.  L'antenne ukrainienne prétend que nous avons refusé la remorqueuse, le soir précédent.  Heureusement on a des témoins.  Puis le type prétend qu'il n'existe pas de dépanneuse pour 5 T.  Or on fait 3,5T max. Plein de mensonges.  De plus normalement il doit prévenir l'assurance qui, elle, nous prévient de l'arrivée de la dépanneuse.  Rien de cela n'a été fait.

Mercredi, après plusieurs appels, l'assurance nous prévient que la dépanneuse est en route.  Elle arrive à 13h30.  Elle est petite, mais le conducteur parvient à y faire monter le CC. D'ailleurs les photos que vous avez reçues dans un message précédent sont éloquentes. Nous redoutions une crevaison, le garagiste n'a pas dépassé 45 km/heure. Nous avons réussi à arriver chez Mercedes Service de Lviv, leur ordinateur détecte qu'une pièce électronique est défectueuse.  Il faut la commander en Allemagne où elle doit y être programmée avec notre numéro de série.  Délai 15 jours.

L'assurance décide de nous rapatrier en avion et de faire transporter le CC.

Jeudi, de mensonges en mensonges du correspondant ukrainien, de délais en délais, la paperasse ne se fait pas.  À ceci s'ajoute la difficulté de trouver un transporteur français et d'avoir le nom et le numéro de passeport du chauffeur.  On devra donc rester pour le week-end.

Lundi, le type de l'antenne ukrainienne prétend qu'i ne nous a pas trouvés à l'hôtel.  Nous y étions! En conférence téléphonique avec notre assurance et lui, il reconnaît qu'il est à Kiev, à 500 km.  De plus tout est fermé pour une fête religieuse qui est aussi le fête de l'été.  Donc pas de papiers avant mardi et probablement pas de départ avant mercredi si tout va bien!!!

Au moment de cette conférence impromptue, la gérante de l'hôtel voulait justement me parler pour savoir qui payait.  Je les ai donc mis en communication pour régler le problème.  L'ukrainien n'avait rien fait.

Au cours des jours qui suivent, on réussit à se faire amener chez un notaire pour faire une procuration autorisant le transport du CC par le chauffeur désigné par la compagnie d'assurance.  Le notaire n'a pas été prévenu.  Heureusement il a une interprète parlant parfaitement français.  Celle-ci, à prix fort, joue le rôle d'interprète et de guide.  Il nous faut 2 jours pour solliciter un papier nous autorisant à faire des papiers légaux.

Si tout va bien, vendredi nous signons.

Aventure ukrainienne

La campagne

Pour se rendre à Lviv, nous avons traversé, à très basse vitesse, 70 km de campagne ukrainienne.  Bien sûr nous y avons vu de la forêt et des champs.  La forêt en est une de plantation, plus ou moins bien entretenue.  L'Ukraine était réputée être le grenier de l'ex URSS.  Mais nous n'avons vu que des champs de foins.  Ils étaient fauchés au tracteur, mais la récolte se faisait manuellement à l'aide de bonnes vieilles fourches.  Le foin est chargé en vrac dans des charrettes tirées par des chevaux.

Les taxis

Il y a trois sortes de taxis.  Il faut normalement attendre environ 20 min pour obtenir un taxi. 
Les vrais taxis ont généralement des voitures correctes, avec un compteur qui fonctionne.  Une course type entre Mercedes et notre hôtel coûte environ 17  UAH (2,5€ ou 3,75$)

Les seconds sont aussi de vrais taxis mais les chauffeurs sont des roublards.  Ils font afficher ce qu'ils veulent au compteur.  Un d'eux nous faisait afficher 37 UAH, plus du double.  On a refusé et négocié à la baisse.

Enfin, il y a les faux, avec une affiche sur le toit, un radio pour capter les vrais taxis, mais pas de compteurs et des prix farfelus.  Celui qui nous a eus nous demandait 35 UAH.  Tout s'est révélé lors de la demande d'un reçu.  On a négocié et obtenu un reçu manuscrit.

Donc 2 fois de vrais taxis mais roublards, 1 fois un faux et le reste du temps de vrais taxis honnêtes.  On a fini par apprendre.
Notre première réaction dans le taxi est de chercher la ceinture de sécurité. Un chauffeur nous dit qu'en taxi ce n'est pas obligatoire. On a réalisé par la suite que personne ne portait sa ceinture.

Les tramways et bus

Dimanche, on a voulu prendre le tram.  La réceptionniste de l'hôtel nous avait indiqué où et lequel prendre.  Elle nous avait même fait une note pour montrer au conducteur de tramway.  Sur place, la file est longue.  Puis au cours de l'attente, la file diminue, nous n'en connaissons pas la raison.  Finalement une femme nous explique en ukrainien que le tram est en panne « avaria ». 
On décide de prendre le bus.  Devant notre méconnaissance du tram, un passager nous informe et nous indique où descendre.  On paye chacun 1,50 UAH ( 0,20€ ou 0,30$).  Notre retour se fera en tram qui coûte la moitié prix 0,65 UAH (0,10€ ou 0,15$). Dans le tram, à l'avant il y a la conductrice et la perceptrice.  Il faut ensuite composter le billet avec un appareil totalement manuel.  À l'arrière du tram se trouve une contrôleuse qui vérifie les billets des personnes qui montent au centre ou à l'arrière.

Pendant que nous attendions le tram de retour, nous avons vu le remorquage de l'un d'eux.


Tram en panne.

Les rues

Elles sont en général mais pas toutes en très mauvais état.   L'asphalte recouvrant le macadam a disparu en plusieurs endroits.  Les bouches d'égout se sont enfoncées.  Les trous d'homme dépassent de 10 cm.  Les voitures zigzaguent entre les trous.  Certains font jusqu'à 20cm de profond.  Par contre les feux de circulation semblent respectés.  Mais ce n'est pas la même chose pour les passages piétonniers.  Il n'y en aurait pas, on ne le remarquerait pas.  Pour traverser, la meilleure stratégie est de suivre un ou une autochtone.  On se croirait à Naples ou à Montréal.


Rue

Les églises et les fidèles

Les églises sont nombreuses, de toutes tailles, de tout âge et dans des états très variables.  Elles vont de complètement délabrées, en passant par à moitié restaurées jusqu'à en parfait état.  De nombreuses gens se signent quand ils passent devant les églises.  À l'intérieur il y a toujours du monde en prière, souvent agenouillé.  (


Eglise-fideles

On en voit même se recueillir devant des statues dans la rue.  La ferveur est très grande.  Il y a plusieurs groupes religieux des catholiques et plusieurs groupes orthodoxes adhérant à des patriarcats différents. Mais il y aurait aussi 38% de la population n'ayant aucune religion.
Samedi soir il y a avait entre autres un concert extérieur gratuit.  De nombreux moines et religieuses y assistaient.  Comme nous ne comprenons rien, on trouvait cela un peu surprenant, d'autant plus que les prestations étaient quelconques.  Nous avons totalement saisi que c'était un concert religieux lorsqu'une chanteuse, l'air transporté par la grâce, est venue chanter en français (que personne ne comprend sauf nous) des chansons religieuses.

Les gens

La première chose qui nous frappe, c'est le très peu d'obésité chez les femmes.  Les jeunes en particulier sont souvent très minces.  Une bonne proportion d'hommes et de femmes ont les hanches et les épaules très étroites et les jambes très longues.  Cela donne à ces femmes des tailles de mannequin.


Les gens

Par contre, la bière aidant, plusieurs hommes sont en excès de poids.  Mais on est très loin de l'obésité des Américains ou des Anglais.

Les gens sourient peu, sauf s'ils sont avec une bande d'amis.  On voit rarement les gens se serrer la main ou se faire la bise.

Dès tôt le matin, comme en Russie, on voit des hommes avec des bouteilles de bière.

Ici, on ne parle qu'ukrainien ou russe.  Il est difficile de trouver quelqu'un qui parle un peu l'anglais, et très rare de trouver quelqu'un qui parle bien anglais.  Oublions le français.  Peu de restaurants ont un menu traduit en anglais. La ville de Lviv est l'une des villes les plus nationalistes d'Ukraine. Tout est strictement en ukrainen.


Menu resto

Une seule fois une femme nous a proposé son aide quand elle a vu que nous consultions la carte. 

En fin de journée, les places du centre historique sont bondées de gens de tout âge.  Ils ont souvent une grosse bière à la main, en particulier les hommes.  Ils sont calmes, peu bruyants.  C'est très agréable de se promener. On se sent en sécurité partout.

Leur attitude avec les enfants est semblable : sereine, calme, pas de cris.  Les enfants semblent obéissants.  Les parents ne répètent pas, ne menacent pas.

Samedi et dimanche il y avait plusieurs mariages.  La tradition semble d'être de faire un tour de la vieille ville pour se faire photographier devant les monuments les plus importants.  Quelques proches suivent, bouteille à la main, ou vont carrément attendre en sirotant une bière à une terrasse.  Par contre nous n'avons pas vu les parents, oncles tantes parmi ces personnes qui suivaient.  Il y avait aussi plusieurs spectacles gratuits


Costume traditionnel

Nous ne distinguons pratiquement pas de « minorités visibles ».  En une semaine et demie nous avons vu 4 noirs dont 3 semblaient des touristes, 2 touristes asiatiques, aucune femme avec foulard islamique.

Nous avons cependant vu plusieurs groupe de touristes avec guide.  Il y avait au moins un groupe d'Allemands. Nous avons cru reconnaître des Polonais.  Les autres étaient des Ukrainiens. Finalement il n'y a pas de centre d'information touristique.

La ville de Lviv

La vieille ville de Lviv est classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO.  Il y a deux magnifiques grandes places très fréquentées.  De nombreux édifices de style baroque et peut être même renaissance l'enjolivent.  Mais plusieurs d'entre eux ont été négligés durant des décennies. C'est d'ailleurs le problème de l'ensemble des infrastructures.

Mis à part les clochers, les églises n'ont rien de transcendant.  Lorsque rénovés, les intérieurs sont très clinquants. 

Les quelques petits musées que nous avons visités étaient très modestes.  Mais le coût est très minime.

En fin de semaine, le centre ville était entièrement piétonnière.

 


Petite place

Les restaurants et cafés sont relativement nombreux, en général plutôt modestes.  Mais les menus sont rarement en anglais.  Dans les plus chics (que nous n'avons pas fréquentés) on y sert une cuisine internationale. Il y a quelques pizzerias, 2 Mac Donald, ...  À l'hôtel, les petits-déjeuners sont très copieux. Les oeufs, le jambon, etc. y tiennent une bonne place.  Nous avons mangé dans un restaurant ukrainien typique.  La nourriture est bonne, mais très lourde.

La fin de semaine finie, le centre ville est de nouveau ouvert aux autos. C'est la congestion totale. Il n'y a aucun parking.  Donc c'est la pagaille.  Les gens tentent de se garer n'importe où.  Des camions-grues enlèvent les voitures.  Évidemment pendant la manoeuvre ils obstruent la rue. 

Mais nous n'avons pas eu de chance du côté du temps.  Un peu de soleil, mais surtout des nuages et des averses dispersées avec un temps frais.


Temp frais
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