Voyage 2007 - Croatie Albanie

Texte et photos de Chantal et Michel 2007

Samedi 13 janvier 2007

Route de Aquilée à Crikvenica en Croatie avec des arrêts pour le plein, le marché, les frontières de la Slovénie et ensuite de la Croatie où les formalités se limitent à un signe de tête « Passez ! »

Dimanche 14 janvier 2007

Nous avons déjà visité la Croatie en 2005. Maintenant nous ne faisons que la traverser en nous arrêtant dans quelques uns des endroits qui nous ont le plus marqués.

Par une magnifique autoroute toute neuve, nous gagnons Trogir . Le ciel est tout bleu. Nous trouvons facilement à nous garer sur l'île elle-même. En effet, à ce temps-ci de l'année, il n'y a pas de touristes. Nous sommes sur le petit port, au bord de l'eau. Juste à côté de nous une vieille Fiat est tombée dans l'eau. C'est l'attraction locale de ce dimanche.

La vieille ville, presque déserte, est toujours aussi charmante.


Trogir-Croatie

Puis nous allons coucher dans le parking d'un site archéologique avec vue sur Split . Mais, comme souvent, nous ne sommes pas les seuls à apprécier le site. C'est le rendez-vous des jeunes et de leurs voitures plus ou moins bruyantes.

Un peu plus loin, deux bus sont stationnés l'un derrière l'autre. On voit une petite voiture faire un habile créneau pour se stationner entre les deux. Le conducteur et sa copine y passeront près de deux heures. Ce n'est peut-être pas très poétique, mais probablement discret …

Lundi 15 janvier 2007

Sous un ciel tout bleu, nous entrons dans Split , objectif voir la cathédrale construite dans un ancien temple romain. Il y a deux ans nous n'avions pu la voir. Nous suivons nos amis Jean-Paul et Monique. Avec leur fourgon, ils s'engouffrent dans un parking hyper bondé. On ne passe pas : trop large, trop long et trop de voitures mal garées. En sortir nécessitent plusieurs manœuvres. Heureusement, les Croates très sceptiques devant notre position sont très patients. Chantal a dû arrêter la circulation un moment. Puis, pendant que je suis stationné en double, Chantal s'installe sur le coin de la rue avec son guide Michelin. Un homme s'approche et lui fait signe de lui montrer ce qu'elle cherche. Avec des signes, les explications commencent. L'homme en interpelle un autre qui parle un peu français. Il fait la traduction. Finalement on obtient des explications très claires et précises qui nous permettent de trouver un parking près du musée croate sur lequel nous nous étions posés voilà deux ans. Malgré leur aspect très austère, malgré l'absence totale de sourire, les Croates sont très serviables, voire sympathiques.

Par contre, aux informations touristiques de la ville, nous rencontrons le même accueil froid, sans sourire et les mêmes informations erronées qu'il y a deux ans. Cependant, un peu plus loin, une jeune femme vient nous parler dans un excellent français et avec le sourire. C'est une guide qui a fini son travail et rentre chez elle. Elle nous suggère quelques balades à faire en attendant que la cathédrale ouvre ses portes de 17h à 20h.

Nous couchons près du musée croate.

Nous remarquons que le bruit des voitures s'est amplifié et que l'environnement s'est dégradé depuis deux ans. L'absence de toilettes publiques fait en sorte que les gens doivent se soulager où ils peuvent. Dans les bosquets des parcs, nous avons trouvé même des excréments humains.

Mardi 16 janvier 2007

Le matin nous visitons le Musée Mestrovic. Seuls visiteurs, nous nous fondons dans une réception pour le lancement du nouveau guide audio sur téléphone cellulaire. Cela nous permet de faire comme les photographes officiels et de prendre des photos à l'intérieur.

Nous reprenons la route. La première station-service vend du GPL. Je tente donc de me ravitailler. En effet, comme en Italie nous avons eu quelques refus, je ne laisse pas baisser trop la réserve. La station-service refuse de nous en vendre parce que nous utilisons à des fins domestiques. Elle vend aussi des bonbonnes!

Nous quittons Split pour la montagne Sveti Jure (Mont Saint Jude ?) Là, nous roulons sur 23 km de route tortueuse pour accéder au sommet de la plus haute montagne de Croatie 1750 m. Les derniers 10 km sont sur une route étroite ne permettant pas de rencontrer. Souvent nous passons tout juste entre la falaise rocheuse s'avançant au-dessus de la route et le précipice, souvent sans garde-fou. Tout au long de la route, la vue est spectaculaire et splendide. Il nous faut plus d'une heure pour arriver au sommet où il y a un peu de neige et de glace. Nous hâtons de redescendre avant que la nuit tombe. Heureusement nous étions les seuls sur la route et nous n'avons rencontré personne autant dans la montée que dans la descente.

Nous couchons au pied de la montagne non loin de Makarska .

Mercredi 17 janvier 2007

Route jusqu'à Ston et Oberic

Repas au resto en passant à Ston . Des travaux importants sont en cours afin de restaurer une grande muraille d'enceinte qui monte à flanc de montagne.

Coucher près du petit port d' Oberic , non loin du traversier des piétons

Jeudi 18 janvier 2007

Il a plu très fort la nuit dernière. Nous sommes stationnés dans une immense marre.

Nous laissons les CC au parking et prenons le traversier des piétons pour visiter la vieille ville de Korcula , sur l'île du même nom. Ici encore nous sommes les seuls touristes. Heureusement que nous avons apporté notre pique-nique car tous les restos sont fermés.

Au retour, nous reprenons la route pour nous arrêter coucher à Ston

Vendredi 19 janvier 2007

Visite de Dubrovnik où nous faisons le tour des remparts. La reconstruction, en cours Il y a deux ans, de la ville suite aux destructions serbes au début des années 90, était fort avancée. Maintenant, c'est terminé.

Le parking fut un peu difficile car il faut des dizaines de pièces de monnaies pour l'horodateur. De plus le surveillant est justement là pour mettre des contraventions.

Nous allons coucher sur le port de Cavtat , petite station balnéaire un peu au sud de Dubrovnik . Des travaux majeurs d'infrastructure d'aqueduc sont en cours.

Samedi 20 janvier 2007

Pause à Cavtat , marché.

Dimanche 21 janvier 2007

Nous reprenons la route vers le sud, vers les Bouches du Kotor La traversée de la frontière se fait sans histoire. Cette petite région fait maintenant partie du Monténégro alors qu'il y a deux ans elle faisait partie de la Bosnie - Hersegovine


Kotor-Montenegro

Nous nous arrêtons à la première station d'essence où nous n'avons pas de problème pour le GPL.

Nous apprenons par l'employé que le Monténégro est devenu indépendant depuis avril, c'est un petit pays de 650 000 d'habitants. Même si le pays ne fait pas partie de l'Union Européenne, la monnaie qu'on y utilise est maintenant l'Euro.

Plus nous descendons vers le sud plus c'est pauvre, sauf les églises.

Nous arrêtons à Tuz près de la frontière de l' Albanie . Il y a un parking tout près d'une église. On va demander la permission de s'installer pour la nuit. Un père franciscain nous accueille chaleureusement. Il vient avec un acolyte, déguster notre Whisky canadien puis il nous apporte de son vin. Son acolyte parle très bien l'italien et se débrouille en anglais. On réussit donc à avoir une conversation suivie.

Derrière l'église et la statue de Mère-Thérésa, on construit une gigantesque « centre paroissial ». Dans tous ces pays de l'ex Yougoslavie, gens sont très religieux.

Lundi 22 janvier 2007

On quitte le Monténégro par une petite route en mauvais état.

À la sortie du pays, nous devons attendre presqu'une heure car les douaniers sont en train de casser la croûte

L'entrée en Albanie est tout autre. Le douanier sympathique nous explique même un peu la route et son état.

La route entre Baruka , ville la frontière, et Shkodër , la ville suivante, est la pire que nous n'ayons jamais vue. L'entrée dans la ville de Shkodër se fait en roulant au pas, en première vitesse, tellement la route est boueuse, défoncée. On y croise des ânes, des chevaux et des Mercedes.


Shkoder-Albanie

À la sortie de la ville, on trouve une très belle route, large, droite, avec un excellent revêtement, ... Mais elle est parsemée de plaques funéraires et de bouquets de fleurs rappelant que plusieurs dizaines de personnes s'y sont tuées. La conduite des Albanais, est probablement la plus mauvaise que nous ayons vu. C'est bien pire qu'à Naples ou en Irlande . Ce sont de vrais casse-cou.Mais ce qui nous étonne le plus, ce sont les voitures. On dirait qu'il ne se vend ici que des Mercedes. Il y en a de très vieilles, mais aussi des moins vieilles et des très récentes et luxueuses. Ce sont toujours des gros modèles. La concentration est encore plus élevée qu'à Saint-Pétersbourg.

Circulation-Albanie

On alterne entre de véritables bidonvilles et des demeures plus récentes en béton et briques, ainsi que des édifices commerciaux récents et très modernes. Mais il n'y a aucun urbanisme. La construction est complètement anarchique. De plus, il faut noter qu'il ne semble pas y avoir d'eau courante ici. Chaque maison, même le plus petit taudis a une citerne sur le toit. Les restaurants, les hôtels en ont toute une série. Par contre, les panneaux solaires sont très rares. Rien ne laisse croire qu'il y a un réseau d'égouts.

Côté poubelles, elles sont rarissimes. Mais à quoi bon, la route est un gigantesque dépotoir. Il suffit d'y jeter ses déchets.


Dechets-Albanie

Visite du monument au héros national

Les panneaux routiers sont rares. C'est ainsi que nous nous retrouvons dans la capitale Tirana alors que nous voulions aller dans la direction opposée. Important trafic, les coups de klaxon fusent de partout, nous sommes enveloppés par la poussière. Chantal fait signe à un conducteur de camion que nous voulons aller vers Durres. Celui-ci, sourire aux lèvres, par geste, nous fait comprendre que nous devons rebrousser chemin. Il y a une petite portion d'autoroute entre Tirana et Durres . Nous y roulons à 100 km/h

Très souvent, nous remarquons des groupes électrogènes (génératrices) en marche devant des commerces. L'alimentation électrique semble déficiente, voir inexistante.

À Durres , nous cherchons un parking au bord de la plage. Nous entrons dans un parking. Nous nous rendons compte que c'est celui d'un restaurant. Mais il n'y a pas de clients. Chantal et Monique vont voir le propriétaire qui leur parle en français et nous permet de rester là pour la nuit. Bientôt le propriétaire part et un gardien s'installe pour la nuit. Bien sûr, comme partout en Croatie , en Albanie il y a aussi des chiens errants qui montrent la garde.


Durres-chiens-Albanie

Mardi 23 janvier 2007

Le gardien du resto vient nous saluer et nous apporte des boissons gazeuses albanaises. Les gens des pays démunis sont souvent très accueillants.

Puis nous faisons route vers le sud en faisant un arrêt au site archéoligique Appolonia près de Fier . Le gardien est très chaleureux avec nous. Il blague avec nous, nous tape sur l'épaule, … tout en nous donnant des explications … en albanais.

La reste de la route est parfois belle, mais le plus souvent complètement défoncée, déformée. Nous passons un col à 1500 m dans une brume à couper au couteau, heureusement, cette section de route est absolument impeccable. Puis nous nous retrouvons sur une route de petits cols, très mauvaise, tortueuse, boueuse, défoncée, glissante ... La plupart du temps, elle est à une seule voie.

Nous prenons la route côtière en direction sud. Selon nos cartes, c'est une route principale : elle est en rouge. Nous nous arrêtons pour la nuit à Himarë , après 200 km en 5h pour une moyenne de 40 km/h. Ce qui est excellent sur les routes d'Albanie. (On devrait plutôt parler de pistes.)

Le soleil est à peine couché et les lampadaires allumés que ceux-ci s'éteignent. Panne de courrant générale dans la ville. Le groupe électrogène de la banque démarre. Toute la nuit nous aurons des orages. Il y aura plusieurs pannes de courrant durant la nuit. Au lever, le groupe de la banque est toujours en marche.

Mercredi 24 janvier 2007

Un Albanais vient nous parler, il parle assez bien français. Il veut nous inviter à prendre un café. Il mentionne que lui et ses copains qui l'accompagnent sont Grecs et il déplore la corruption du gouvennement mulsulman de Tiranna . On a vraiment l'impression que cette partie sud de l'Albanie est oubliée, coupée de tout, tant les routes sont dans un état déplorable.

Nous continuons sur la même route côtière en direction sud, souvent sous les averses. Le dernier tronçon de la route vers la Grèce est excellent. Pourtant sur la carte c'est une route jaune, donc secondaire. La sortie du pays se fait sans problèmes, le temps de payer une taxe d'importation de véhicules de 1€ par jour. Nous aurons mis trois jours pour parcourir 500 km à une vitesse moyenne de 40 km/h

Par contre il y a des délais à l'entrée de la Grèce. Nous devons attendre en file près d'une heure. Deux Albanais et un Grec n'hésitent pas à remonter la file pour se mettre presqu'au début. Il y a quelques protestations, mais cela n'y change rien. Finalement les douaniers reprennent le boulot et le passage se fait rapidement.

Sous les orages, nous nous rendons à Ioannina où nous installons sur le parking devant le camping fermé, face au lac.

Résumé de nos impressions sur l'Albanie

Ce sont des impressions très sommaires car nous n'avons que traversé l'Albanie en trois jours.

Les Albanais nous ont semblé accueillants, voire chaleureux.

Jamais nous n'avons ressenti quelque insécurité que ce soit.

Le pays est très pauvre, les routes se développent, mais sont encore souvent que des pistes.

Il y a de très nombreuses stations services. Plusieurs sont en construction. Plusieurs sont fermées. C'est, semble-t-il, un commerce en forte évolution. Par contre, il y a d'extrêmement nombreux postes de lavage de voiture. Vu l'état des routes, c'est très utile.

La conduite automobile est un véritable rodéo. Y a-t-il des règles? Peut-être, mais elles sont inconnues.

On a l'impression qu'il ne s'y vend que des Mercedes.

Les infrastructures d'aqueduc sont inexistantes. Il ne semble pas plus y avoir d'égouts. La livraison d'électricité semble plus qu'aléatoire.

 
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